Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
  • Professeur d'Economie et de Sociologie Depuis 2005, Organisation et Animation : Conférences Pédagogiques Débats Publics Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ... au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault

Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

Rechercher

Le Livre de la Semaine

OCDE Statistiques OECD Factbook 2011-2012 « Analyse économique et historique des sociétés contemp

Texte Libre

Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 21:21

La crise financière et économique qui a démarré aux Etats-Unis au cours de l’été 2007 a des conséquences très négatives. Mais, à plus long terme, des conséquences positives ne sont pas à ignorer. C'est sur ce point  que Patrick ARTUS souhaite attirer notre attention, cette fois, dans une note récente.

Les impacts négatifs de la crise financière
 
1 - Les pertes de croissance et donc d'emplois sont déjà visible aux Etats-Unis, en Espagne. Elles le seront bientôt dans les autres pays ou le ralentissement de la croissance sera fera sentir.
 
2 - La hausse des défauts sur les crédits immobiliers est d'ailleurs à la fois une conséquence et une cause de la crise. Ce phénomène est observable aux Etats-Unis, mais aussi en Espagne et à un moindre degré au Royaume-Uni.
 
3 - Les pertes de richesse sur l'immobilier résidentiel et sur les actions pénaliseront le pouvoir d’achat, la capacité d’emprunt, …
 
4 - La fragilisation des banques liées aux pertes dues aux défauts sur les crédits subprime et le  recul brutal des prix de marché des actifs, comme les obligations d'entreprise, peut conduire les banques peut les amener à durcir les conditions du crédit donc à rendre plus difficiles les financements d’opérations d’investissement.
 
5 - Le renforcement de l'excès de liquidité mondiale dans la mesure ou la liquidité mondiale augmente très rapidement depuis le début des années 2000, en raison notamment de l'accumulation très rapide de réserves de change par les pays émergents et exportateurs de matières premières.
 
6 - Cette crise et ses conséquences pousse l'administration américaine et la Réserve Fédérale à mener des politiques très expansionnistes se traduisant par des baisses de taux d'intérêt et par l’augmentation du déficit public. Le problème est que « ces politiques de soutien empêchent la réduction du déficit extérieur des Etats-Unis, malgré le freinage de la demande intérieure, et affaiblissent le dollar, avec la baisse des taux d'intérêt. Elles obligent donc les banques centrales à accumuler davantage de réserves pour obtenir la même stabilisation du dollar, d'où un surcroît de liquidité mondiale. »
 
«  Ces conséquences négatives sont assez systématiques, et apparaissent dans toutes les crises. Mais les caractéristiques particulières de cette crise font aussi apparaître des conséquences favorables, à terme. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Les impacts positifs de la crise financière à plus long terme
 
A plus long terme, les conséquences positives de la crise de 2007-2008 ne sont pas à ignorer.
 
Vers une structure de financement orientée vers les ressources stables
Structure des financements entre dette et capital  (ressources stables) va évoluer. Les financements seront réalisés avec moins de levier d'endettement et davantage de capital ou de ressources stables, ce qui est stabilisant.
 
Alors que l’effet de levier d'endettement avait joué pleinement pour se traduire par une hausse de la part de la dette dans le total des financements, la crise va renverser la tendance.
Les fonds d'investissement, les entreprises et les banques avaient activement participé à ce phénomène d’endettement excessif.
 
Les fonds d'investissement à travers les fonds de private equity et les hedge funds.
 
Les entreprises, avec les rachats d'actions aux Etats-Unis, la hausse du taux d'endettement en Europe.
 
« Les banques, soit parce qu'elles se finançaient sur les marchés et non à partir des dépôts (modèle de la "banque sans dépôts", par exemple Northern Rock au Royaume-Uni) ; soit en raison de la titrisation qui leur permettait de ne pas conserver les crédits dans leurs bilans, donc de réduire leur besoin de capital, et de faire porter les crédits, soit dans des véhicules financés par dette, soit par les investisseurs après structuration. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
La crise va modifier les comportements car elle se traduit par  une hausse durable de l'aversion pour le risque en faisant monter les primes de risque, va provoquer une réduction de l’endettement. Cette crise a permis également de mettre en lumière les dangers, en cas de crise de liquidité, du modèle de la banque sans dépôts et elle se traduit par une réduction de l'ampleur de la titrisation. La conjonction de ces changements provoque un  besoin accru de capital pour les banques.
 
« On devrait donc avoir, de manière permanente, davantage de capital et de ressources stables (dépôts pour les banques), moins de dette dans la structure des financements. Ceci est stabilisant, en réduisant, si le levier d'endettement est plus faible, le risque de défaut en cas de choc ou de ralentissement économique. »
 
 
La valorisation du risque : retour vers la norme
 
Le risque sera normalement valorisé. Autrement dit, les situations où tous les financements étaient pratiquement réalisés au taux d'intérêt sans risque, sont derrière nous.
 
« Avant la crise de l'été 2007, les primes de risque étaient devenues extrêmement faibles sur les dettes des entreprises, sur les dérivés du crédit, sur les coûts de financement des banques à toutes maturités et de tous types, sur les crédits aux ménages dans certains pays (aux Etats-Unis et en France les spreads sur les crédits hypothécaires étaient devenus plus faibles que les risque de défaut). »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Certes la crise s’accompagne d’une hausse exagérée des primes de risque sur les entreprises et sur les banques, mais on peut raisonnablement penser qu'on retrouvera après la crise un niveau raisonnable de primes de risque, supérieur à celui, trop faible, observé avant la crise. « Cette revalorisation du risque est favorable car rien ne justifie, du point de vue de l'allocation optimale de l'épargne, qu'on prête aux entreprises, aux ménages ou aux banques à peu près au même prix qu'aux Etats-Unis. Evidemment, lorsque la revalorisation du risque se produit, il y a hausse des coûts de financement, ce qui est négativement ressenti.»
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Localisation des risques et freinage de la titrisation
 
La titrisation avait, et a toujours, pour objectif de décharger les banques du risque de défaut des emprunteurs. Cette innovation  fut d’abord considérée comme une évolution favorable en permettant d’éviter les crises bancaires. « Mais la crise du subprime a été l'occasion de voir que le fait que les banques ne portaient plus les risques de défaut, faisait apparaître un grave aléa de moralité : elles n'avaient plus d'incitation à évaluer la solvabilité des emprunteurs ».
 
Il n’est pas surprenant de constater que les crédits subprime se sont surtout développés à un moment (2006) où les taux de défaut augmentaient déjà et où les prix de l'immobilier se retournaient déjà à la baisse. La titrisation jouait alors le rôle de pompier, avant de devenir plus tard le co-pyromane de la crise financière. « La réintégration des risques de défaut des emprunteurs dans les bilans des banques (la réintermédiation) est donc favorable, car elle va inciter les banques à examiner la situation des emprunteurs. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Exigence de rentabilité : retour de la raison
 
« Une des causes de l'instabilité financière est l'exigence anormalement élevée de rentabilité, qu'on voit par exemple dans le rendement du capital des entreprises ou dans le rendement des hedge funds. Cette recherche de rentabilité très forte a conduit à un niveau excessif de levier d'endettement, à un excès d'investissement en actifs risqués, d'où l'écrasement des primes de risque. »
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 
Le besoin accru de capital dû à la crise va réduire le rendement du capital et conduire nécessairement et progressivement à une exigence de rendement plus faible de la part des investisseurs. La stabilité financière en sera améliorée.
 
Nature des actifs financiers : vers plus de simplicité, de transparence et de liquidité
 
Les actifs financiers vont devenir plus simples et plus faciles à valoriser, donc plus liquides. Le recul des possibilités de titrisation est lié à la méfiance à l’égard des ABS, actifs financiers jugés désormais trop complexes, peu liquides et plus difficiles à valoriser. La chute de la demande d'ABS explique l'ouverture de leurs spreads.
 
« On voit donc que la finance devra proposer aux investisseurs des actifs plus simples, liquides dans toutes les configurations de marché, faciles à valoriser »
 
Vers un conflit effets microéconomiques versus effets macroéconomiques ?
 
Au-delà de ses effets négatifs évidents, la crise financière a des effets favorables du point de vue microéconomique, de l'allocation efficace de l'épargne, une valorisation des risques plus efficaces, une réduction des risques de défaut et davantage de stabilité financière. Pour autant, le problème réside dans les effets macroéconomiques de ces évolutions car celles-ce pourraient avoir des impacts très défavorables au niveau global. En effet, si les banques sont amenées à rationner le crédit, si elles manquent de capital et si elles doivent porter les risques de défaut, alors  la hausse, normale, des primes de risque va pénaliser les emprunteurs et le rendement plus faible du capital va obérer le revenu des investisseurs.
A suivre donc, …
 
A consulter :
 
Patrick ARTUS, Flash Natixis N° 68, « La crise a aussi des conséquences favorables », le 14 février 2008
 .
 

 
 
 
 
  
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
Published by David Mourey - dans Crises Financières
commenter cet article

commentaires

myriam 11/11/2008 21:44

le faite de mouvementer l'activité financiere peut avoir un impact positive pour cette crise! par exemple construire des ecoles, des hopitaux,....

Théo 13/03/2008 21:18

Je suis tombé là par hasard, en cherchant des données sur les taux de saisie et de défaut aux USA :) Je reviendrai dès que j'aurai un peu de temps.Juste un commentaire, sur le fond : le pire n'est jamais sûr, certes :) La crise aura probablement des effets positifs. La question est : à quel prix ?Je pense au prix de la crise des années 30, qui n'est pas sans ressemblance, quant aux mécanismes, avec la crise actuelle. quant à leurs causes fondamentales, elles sont identiques : la suprématie de l'économie financière sur l'économie réelle et la rapacité insatiable des "financiers" qui s'imaginent créateurs de richesse ...Quelle illusion ! mais quel business aussi ...Amicalement

31/03/2008 21:35


Merci pour cecom et bravo pour votre site. Cela donne envie de lire autre chose. En particulier de la poesie. Bravo!


Ozenfant 25/02/2008 10:52

 Mon cher David,Pour ce qui est de ta réponse à mon texte sur le ralentissement de l’activité en France:Bien sûr que le pouvoir d’achat dépend aussi de l’évolution des salaires !!!Bien entendu que j'ai tendance à noircir le portrait de l'église économiste... ce n'est pourtant qu'en réaction des prises de positions irréalistes de la plus part de CEUX QUI VIENNENT DÉLIRER A LA TÉLÉVISON... Tous ces gens qui ignorent les facteurs humains dans la gestion d’entreprise (et je ne parle pas de la trop fameuse cote du "moral des chefs d‘entreprises").Bien sûr qu’il doit en exister un certain nombre (dont toi ?) -impliqués directement dans le monde du travail- qui doivent être capable de faire la synthèse entre les théories du dogme économiste et les problèmes économiques concrets posés aux chefs d’entreprises par une fiscalité obsolète (depuis les trente glorieuses).Mais, mon cher David ce n’est pas à moi de les rechercher, puisqu’ils ne se montrent pas.C’est à toi de me dire:Voilà Untel qui est proche d'une synthèse qui me parait assez réaliste ! ... Tu devrais lire ce qu’il pense ! Les prévisions des économistes ne sont-elles pas entrain de nous montrer leurs limites ? corriges-moi si je me trompe !Quand aux avis je pense qu’en effet que s'ils ne se valent pas tous,  il est urgent de tous les intégrer car c’est la synthèse de tous ces faits, de toutes ces expériences qui est généralement bâclée.D’ailleurs je t’ai déjà vu écrire quelque chose de très proche !Au sujet de l’Université française qui assène ses vérités, je ne parle pas à l’aveugle, mon fils aïné ayant fait ses études à l’étranger, et... Ne comprendrais-tu pas le sens de la phrase d’Henry Laborit: "Les grandes écoles n’ont d’intérêt que si on les aborde en tant qu’exercice de discrimination."Cela est, bien sûr valable à plus forte raison, pour tout l’enseignementTu discrimines pourtant déjà assez bien, me semble t-il, n‘est-il pas ?Amicalement ! Oz.

Ozenfant 24/02/2008 10:29

@David,Très intéressant texte que je vais lier avec mon texte du jour:Hausse des prix de folie sur les prix alimentaires et net ralentissement de l'activité en France en début d'année. http://blog-ccc.typepad.fr/blog_ccc/2008/02/hausse-des-prix.html#comments

Artémis 19/02/2008 00:49

La bienvenue, à votre blog, dans la communauté Parlons franchement.

A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012