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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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Des Initiatives de David MOUREY

18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:08

 

Les banques centrales des Etats-Unis, de la Zone Euro, d'Angleterre et du Japon ont décidé de réagir rapidement, en fournissant des liquidités supplémentaires, face aux nouvelles déferlantes de la crise bancaire qui a emporté Lehman Brothers, ...

 

Pourtant, « injecter des liquidités n'est jamais venu à bout d'une crise d'aversion au risque et d'insuffisance de capital », nous dit Patrick ARTUS. En effet, cette crise d'aversion se traduit essentiellement par une interaction entre, d'une part la baisse des prix des  actifs et, d'autre part, la destruction de capital.

 

Ce type d‘intervention reste néanmoins nécessaire pour éviter des réactions en chaine trop douloureuses pour l'économie réelle, à court terme (faillites, ..) et à long terme (destruction de capital...).

 

Injection de liquidités à court terme

 

La réaction des banques centrales (Fed, BCE, ...) face à la crise financière et bancaire a donc consité, à plusieurs reprises, à injecter des liquidités sur les marchés. «  Le dernier épisode est celui de la semaine du 15 septembre 2008 : la BCE, la Banque d'Angleterre, la Réserve Fédérale et la Banque du Japon ont, à elles quatre, mis en deux jours 144 milliards de dollars de liquidités à la disposition des banques. A ceci s'ajoute le prêt de 85 milliards de dollars fait à AIG. » Flash Natixis, Patrick ARTUS, 17 septembre 2008

 

Les injections de liquidité sont indispensables parce qu'elles compensent les difficultés de financement des banques (et de quelques assureurs).

 

Les difficultés de financement des banques sont visibles lorsqu'on observe « le niveau des spreads interbancaires, les niveaux atteints par les taux au jour le jour dans les périodes de tension (comme en septembre 2008), et le coût de la dette bancaire qui reflètent la réticence des épargnants à prêter aux banques. »  » Flash Natixis, Patrick ARTUS, 17 septembre 2008

 

Une intervention qui doit être ciblée sur les établissements en difficulté

 

Ce type d'intervention des banques centrales, injection de liquidités sur le marché interbancaire, est un moyen efficace pour éviter une crise de liquidité entre banques, à condition qu'elle soit ciblée directement sur les établissements en difficulté.

 

La liquidité mondiale est abondante

 

En effet, la liquidité globale est en effet abondante et disponible au niveau macroéconomique. La forte croissance de la liquidité mondiale est liée à celle de la base monétaire mondiale, elle-même alimentée par la croissance des réserves de change des banques centrales. De facto, la quantité d'actifs liquides et monétaires augmente rapidement. Mais, il peut y avoir simultanément abondance de liquidités monétaires et pénurie de liquidité sur certains marchés, comme le marché interbancaire.

 

En fait, lorsqu'une banque centrale accumule des actifs dans ses réserves, la liquidité crée pour acquérir ces actifs devient disponible pour les vendeurs de ces actifs. Logiquement, on observe alors, une croissance rapide des actifs liquides et monétaires, des actifs sans risques (obligations publiques), des dépôts bancaires, et du crédit aux entreprises.

 

Une crise de la liquidité de marché

 

Cette crise de liquidité n'est donc pas une crise de liquidité globale, mais une crise liée à l'arrêt de la réallocation des liquidités entre des agents économiques, entre ceux qui ont un excédent de liquidité (en cash) et ceux qui ont un déficit, un besoin, de liquidité.

 

On en déduit que « les injections de liquidités par les Banques Centrales ne peuvent pas venir à bout de la crise, compte tenu de sa nature. »

 

Face à la baisse cumulative du prix des actifs ...

 

En résumé, l'injection de liquidités permet d'éviter :

    - des situations de cessation de paiement.

   - des ventes forcées d'actifs par les intermédiaires financiers qui ne trouvent pas les financements dont ils ont besoin à court terme.

 

L'injection de liquidités est donc nécessaire pour endiguer une spirale baissière.

Mais, cette alimentation du marché monétaire interbancaire en liquidités ne peut permettre d'éviter durablement la chute cumulative et déstabilisante des prix des actifs.
.

« En fait, lorsque les prix des actifs commencent à baisser, trois phénomènes s'enclenchent :
.

1 - les banques et les investisseurs institutionnels doivent comptabiliser ces pertes (normes IFRS), ce qui réduit leurs fonds propres. Les règles prudentielles liant leur capacité à détenir des actifs risqués à leurs fonds propres, ils ont le choix entre lever du capital ou vendre des actifs. Le coût du capital ayant été rendu très élevé par la baisse des prix des actifs, ils préfèrent vendre des actifs, d'où un renforcement de la baisse des prix des actifs.» » Flash Natixis, Patrick ARTUS, 17 septembre 2008
.

Ceci explique la corrélation négative entre, par exemple, les cours boursiers des banques et les spreads de crédit.

 

2 - « La chute des prix des actifs entraîne la hausse de la volatilité des prix d'actifs, ce qui accroît le risque des portefeuilles (les Value At Risk) ». Ce qui réduit la détention d'actifs risqués et provoque une nouvelle baisse des prix, par la hausse de l'offre.

 

3 - « La baisse des prix des actifs réduit la performance des fonds (le cas des hedge funds), d'où des retraits d'investisseurs (des rédemptions), et des ventes forcées d'actifs par les fonds. »

 

Cet enchainement à la baisse des prix des actifs est probablement lié à une déconnexion (décorrélation) entre la valeur de marché, qui baisse pour les actifs risqués (ABS, Crédit, action, leveraged loans) depuis le début de la crise financière en aout 2007, et de la valeur fondamentale de ces actifs.

Les injections de liquidité sur les marchés interbancaires par les banques centrales ne peuvent rien pour arrêter ces cercles vicieux. Elles permettent transitoirement d'écarter l'aggravation de la crise à court terme par sa propagation (en prévenant des cessations de paiements, des ventes d'actifs), mais elles ne peuvent aucunement  mettre un terme à la dynamique déstabilisante induite par l'interaction entre la baisse des prix des actifs, la perte de fonds propres par les intermédiaires financiers, et les ventes forcées d'actifs.

 

... d'autres solutions sont envisageables et indispensables !

 

Pour arrêter ce cercle vicieux, selon Patrick ARTUS, on peut envisager :

- un relâchement temporaire des règles comptables ou prudentielles

- des injections de fonds publics dans le capital des banques

- des achats importants d'actifs risqués par des investisseurs publics

.
A suivre ...

 

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Published by David Mourey - dans Crises Financières
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commentaires

Ozenfant 18/09/2008 18:53

@David Mourey,Tu ne m'as toujours pas répondu sur le pourquoi du désamour de l'entreprise dans les écoles d'économie et de commerce ?

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