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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 20:24
La question du chiffrage est toujours en débat.
J’en veux pour preuve une réaction publiée ce jour dans « Le Monde Economie ».
 
 
Le texte de l’OFCE publié le 23 février n’a pas laissé indifférent les membres de l’IDE et défenseurs de la cellule de chiffrage de Débat 2007.
 
 
En effet, la réaction de Jean-Pierre Boisivon et Jean-Marc Daniel dans « Le Monde Economie » daté du mardi 06 mars 2007, en dit long sur leur mécontentement.
 
Dans leur texte, « Manifeste contre une déontologie en rase campagne », Jean-Paul Fitoussi et Xavier Timbeau condamnent, sans détours, le principe même du chiffrage.
 
Pour eux, « Le terme même de « chiffrage » est significatif, sa connotation étant davantage comptable qu’économique. » et ce terme illustre un « glissement sémantique » qui «  n’est pas innocent car il tend à véhiculer auprès de l’opinion publique l’idée qu’une arithmétique des programmes politiques est possible, et que parce qu’il s’agit d’argent public, le moins coûteux d’entre eux serait le plus efficace. »
 
Ils soutiennent que cette méthode est trompeuse et contraire à toute déontologie économique. De nature strictement comptable, elle peut être nuisible à l’investissement, susceptible de préparer un avenir plus prospère, en attirant exclusivement l’attention des citoyens sur les coûts présents de l’investissement mais en omettant d’évoquer et d’estimer la rentabilité future, éventuelle.
 
« C’est la raison pour laquelle les économistes ne parlent pas de chiffrage, mais d’évaluation des programmes politiques. » affirment Jean-Paul Fitoussi et Xavier Timbeau.
 
Jean-Pierre Boisivon et Jean-Marc Daniel n’acceptent pas qu’on puisse dire que « les économistes qui chiffrent ou cautionnent les chiffrages trahissent leur mission » et « ont un comportement déontologiquement contestable ».
 
Ils expriment clairement leur désaccord et ils qualifient le texte de l’OFCE de « tendancieux » dans la mesure ou il donnerait une vision erronée, et « tendancieuse de la démarche qui inspire le chiffrage » et parce qu’ils attribuent aux chiffreurs « des intentions et des ambitions qu'ils n'ont pas. »
 
Ils affirment que les chiffrages proposés par Débat 2007 et l’IDE ne disent pas que le programme « le moins coûteux serait le plus efficace ». D’ailleurs, la cellule de chiffrage s’est bien gardée de porter des jugements de valeur sur les chiffrages effectués. « Aucun (…) commentaire sur la pertinence de la dépense » n’a été formulé. Le chiffrage ne donne aucune indication sur le bien-fondé éventuel d’une quelconque mesure.
 
Selon Jean-Pierre Boisivon et Jean-Marc Daniel, « La critique ultime est que le chiffrage ne donnerait qu'une vue incomplète de la réalité. » selon l’OFCE. Ils jugent cette critique insultante dans la mesure ou elle consisterait à « laisser croire » que les chiffreurs ne le savent pas.
 
Les chiffreurs de Débat 2007 savent, fort bien, qu’en économie il est plus facile de connaître les coûts présents que les rendements futurs. Ce n’est pas, cependant, une raison pour renoncer à chiffrer ce qui peut l’être. En savoir un petit peu, en toute connaissance de l’ampleur de l’ignorance, est mieux que ne rien savoir du tout. Ce n’est pas en ignorant les coûts présents qu’on évitera de « sacrifier l'avenir au présent ».
 
Puisque tout le monde est d’accord pour reconnaître que « l’investissement est la clé de la croissance présente et future », il ne peut être inutile de s’interroger sur les coûts présents des investissements envisagés car le coût reste un déterminant fondamental de la rentabilité, nous expliquent Jean-Pierre Boisivon et Jean-Marc Daniel.
 
On pourrait leur répondre que la rentabilité dépend également du carnet de commande, futur et incertain…..
 
Enfin, le chiffrage apporte pour ses défenseurs du grain à moudre, de l’eau au moulin du débat démocratique. Le chiffrage oblige les candidats à s'expliquer plus clairement et contribue à proposer davantage d'informations aux citoyens et électeurs.
 
Les économistes de l’OFCE ne devraient pas se contenter de critiquer, de dénoncer. Ils mais devraient s’efforcer d'expliquer davantage, en participant activement au débat. Pour Jean-Pierre Boisivon et Jean-Marc Daniel, l’OFCE fuit le débat démocratique, ce qui est un comble pour un organisme qui a justement été crée pour alimenter le débat démocratique en toute indépendance.
 
La mise au point de l’IDE est directe. On attend désormais les réactions éventuelles de Jean-Paul Fitoussi et Xavier Timbeau. Le débat reste ouvert sur l’opportunité du chiffrage des programmes de candidats à l’élection de présidentielle.
Excès de prudence des unes ou manque de précaution des autres ?
Peut-on apporter une réponse strictement économique à ce débat entre les l’IDE et l’OFCE ?
Si quelqu’un peut apporter quelques éléments de réponse, qu’il n’hésite pas.
 
 
 
 
 
 
 
 
« Le Monde Economie »
Mardi 6 mars 2007
Chiffrage et déontologie
La réponse des experts de l'Institut de l'entreprise
au
Manifeste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)
 
Jean-Pierre Boisivon
professeur émérite à l'université Paris-II-Panthéon-Assas et délégué général de l'Institut de l'entreprise
Jean-Marc Daniel
professeur à l'ESCP-EAP et directeur de la revue Sociétal
 
 
 
 
Jean-Paul FITOUSSI et Xavier Timbeau
- clair & net@ofce -vendredi 23 février 2007
Pourquoi nous ne chiffrerons pas les programmes présidentiels
Manifeste contre une déontologie en rase campagne
Published by David MOUREY - dans Finances publiques
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