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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 13:04
Dans ce billet et quelques autres qui suivront, mon objectif est de nous conduire à nous interroger assez sérieusement sur la notion de plein emploi. Certes, nous ne pourrons faire le tour de la question car des ouvrages entiers rédigés par d’éminents spécialistes sont consacrés à ces questions. Cela étant, j’espère que nous y verrons un peu plus clair en fin de parcours.
 
Pourquoi vouloir apporter des éclaircissements sur la notion de plein emploi ?
 
Tout simplement parce que tous les économistes, tous les dirigeants politiques, tous les dirigeants d’entreprises, tous les responsables syndicaux, tous les professeurs de sciences économiques et sociales…, à peu prés tout le monde, à un moment donné, est amené à parler du « plein emploi ». Quel candidat aux récentes élections présidentielles et législatives n’a pas, à un moment donné de sa campagne, évoqué le plein emploi ? Le plein emploi apparaît comme un enjeu politique, économique et social.
 
Le terme « plein emploi » appartient autant au langage courant qu’au langage spécialisé des économistes…, mais quasiment personne ne propose de définition précise et exhaustive du phénomène. Chacun en parle mais il n‘y a aucune unanimité, ni même consensus assuré, sur le sens précis à lui donner. En effet, entre l’apparente simplicité du phénomène que la notion est censée définir et la complexité de la réalité que peut recouvrir un terme a priori simple, il y a souvent un abîme.
 
Pourquoi accorde-t-on tant d’importance à ce terme ainsi qu’à la réalité économique et sociale qu’il doit désigner ? La première réponse réside probablement dans le terme « emploi ». Evoquer l’emploi, c’est évoquer le travail mais également le chômage.
 
Commençons donc par distinguer les notions inséparables de travail, emploi et chômage.
 
Qu’est-ce que le travail ?
 
« Le travail n'est pas une catégorie réelle de l'économie tribale. » Marshall Sahlins, Age de pierre, âge d'abondance
 
Le travail, tel que nous le connaissons, est donc le produit d’une économie spécifique et historiquement observable, l’économie capitaliste de marché.
 
Le travail, au sens économique, est un facteur de production qui combiné au capital productif permet la production de biens et de services. Le travail désigne alors une activité de production socialement organisée, par le droit du travail, les conventions collectives, les normes sociales … Dans les économies capitalistes développées, comme c’est le cas en France, le travail est une activité professionnelle rémunérée dans un cadre marchand ou quasi marchand. Autrement dit, le travail donne lieu à un échange sur le marché du travail (cette approche est parfois contestée) à un prix qu’on appelle le salaire (pour être plus rigoureux, le taux de salaire est un prix, celui de la rémunération unitaire – horaire ou mensuelle - quand le salaire est un revenu, dont le montant est égal au produit [taux de salaire x temps de travail]). Le travail désigne donc l'activité productive des hommes (combinés aux machines) consistant à transformer les « produits » de la nature afin de nous permettre la satisfaction de nos besoins. Le travail, en tant que facteur de production combiné au facteur capital productif et au progrès technique, est aussi une des sources de la croissance économique.
 
D’un point de vue sociologique, le travail est un facteur d’intégration sociale. Il favorise l’intégration des individus dans la société en leur conférant une identité professionnelle et sociale. Il permet l’émergence d’une forme spécifique du lien social. En effet, au-delà des liens économiques marchands qui en résultent, des liens sociaux se tissent entre les individus et la société. En créant des interdépendances, le travail rend les individus solidaires. Ils sont interdépendants dans leurs fonctions sociales. Le travail et ses conséquences en matière d’intégration sociale rendent possible l’existence de la société et de chacun dans la société. 
 
« On peut donc formuler la proposition suivante: l'idéal de la fraternité humaine ne peut se réaliser que dans la mesure où la division du travail progresse. Il faut choisir: ou renoncer à notre rêve, si nous nous refusons à circonscrire davantage notre activité, ou bien en poursuivre l'accomplissement, mais à la condition que nous venons de marquer. Mais si la division du travail produit la solidarité, ce n'est pas seulement parce qu'elle fait de chaque individu un échangiste comme disent les économistes c'est qu'elle crée entre les hommes tout un système de droits et de devoirs qui les lient les uns aux autres d'une manière durable. De même que les similitudes sociales donnent naissance à un droit et une morale qui les protège, la division du travail donne naissance à des règles qui assurent le concours pacifique et régulier des fonctions divisées. Si les économistes ont cru qu'elle engendrait une solidarité suffisante, de quelque manière qu'elle se fit, et si, par suite, ils ont soutenu que les sociétés humaines pouvaient et devaient se résoudre en des associations purement économiques, c'est qu'ils ont cru qu'elle n'affectait que des intérêts individuels et temporaires. Par conséquent, pour estimer les intérêts en conflit et la manière dont ils doivent s'équilibrer, c'est-à-dire pour déterminer les conditions dans lesquelles l'échange doit se faire, les individus seuls sont compétents; et comme ces intérêts sont dans un perpétuel devenir, il n'y a place pour aucune réglementation permanente. Mais une telle conception est, de tous points, inadéquate aux faits. La division du travail ne met pas en présence des individus, mais des fonctions sociales. »                                 
Emile DURKHEIM, De la division du travail social, PUF, 1991, première édition, 1893.
 
Enfin, le travail peut aussi être considéré comme un moyen d’accomplissement, d’épanouissement ou au contraire comme un facteur d’aliénation de l'individu (dépossession d’une partie de lui-même).
 
« Ce n'est pas seulement le travail qui est divisé, subdivisé et réparti entre divers individus, c'est l'individu lui-même qui est morcelé et métamorphosé en ressort automatique d'une opération exclusive. »  Karl Marx, Le capital
 
« Or, en quoi consiste l'aliénation du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l'aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. En conséquence, l'ouvrier n'a le sentiment d'être auprès de lui-même qu'en dehors du travail et, dans le travail, il se sent en dehors de soi. Il est comme chez lui. quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas chez lui. Son travail n'est donc pas volontaire, mais contraint, c'est du travail forcé. Il n'est donc pas la satisfaction d'un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. Le travail extérieur, le travail dans lequel l'homme s'aliène, est un travail de sacrifice de soi, de mortification. Enfin, le caractère extérieur à l'ouvrier du travail apparaît dans le fait qu'il n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre, qu'il ne lui appartient pas, que dans le travail l'ouvrier ne s'appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. » Karl Marx,  Manuscrits de 1844
 
« « Aujourd'hui, si le travail est à l'évidence le principal moyen du lien social, c'est bien parce qu'il a fini par occuper l'ensemble de l'espace social. Mais (…) sommes-nous certains que le travail est en soi la seule activité collective pourvoyeuse de lien social ? Cela nous ramène à la question essentielle : qu'est-ce que le lien social, en quoi consiste-t-il et quels sont ses éléments constitutifs » D. Méda, « Le déclin du travail? », Sciences humaines, hors-série, n° 13,1996.
 
De ce qui précède, nous pouvons déjà déduire que le travail est bien davantage qu’une simple activité économique. Nous allons voir que le travail n’est pas l’emploi. Pourtant, en tant qu’activité socialement, institutionnellement, organisée par le droit du travail et les conventions collectives…, et compte tenu de ses conséquences en matière d’intégration sociale, il tend à se fondre dans une norme d’emploi.
 
Lire la suite ici :
 
Travail, Emploi et Chômage 1/4 : Qu’est-ce que le travail ?
 
Travail, Emploi et Chômage 2/4 : Qu’est-ce que l’emploi ?
 
Travail, Emploi et Chômage 3/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (2/2)
 
Travail, Emploi et Chômage 4/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (1/2)
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
 
Lettre de L’Ofce, N°286 - 11/06/2007
 
 
clair & net@ofce
Une e-contribution des chercheurs de l'OFCE aux débats économiques et sociaux
 « Chômage : en attendant l’Insee », 13 février 2007
Matthieu Lemoine                                                                                        
Avec le report à l’automne prochain des résultats de l’enquête emploi, la seule source pertinente pour mesurer le chômage, une polémique a enflé sur la réalité de sa baisse...                                                                   Lire la suite>>
 
Jacques Freyssinet, « Note Lasaire »,
« Controverses sur les chiffres du chômage »février 2007
 
Eric Maurin
« Chômage : sueurs et contorsions au Conseil de la Statistique »
 
CERC Le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale
 
Le Cercle des économistes
 
CEREQ Centre d'études et de recherches sur les qualifications
 
CES Conseil économique et social
 
 
DARES Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques
 
INSEE Institut National de la Statistique et des Études Économiques
 
IDE Institut de l'entreprise
 
IRES Institut de Recherches Economiques et Sociales
 
EUROSTAT
 
OCDE Organisation pour la Coopération et le Développement Économique
 
Pierre Cahuc
 
Gilbert Cette
 
Jean-Paul Fitoussi
 
Liem HOANG-NGOC
 
John Kenneth Galbraith
 
Francis Kramarz
 
Thomas Piketty
 
Jean Pisani-Ferry
 
Académie Aix-Marseille (Beitone, Dollo..)
 
Jean-Paul Simmonet
 
 
Published by David MOUREY - dans Emploi et chômage
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