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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 21:02
 
Aujourd’hui, mardi 11 septembre 2007, dans un Chat accordé au Journal Le Monde, Jean Paul FITOUSSI, l’éminent Président de l’OFCE, livre ses premières impressions sur la crise financière et sur ses probables impacts sur l’économie réelle en Europe nottament.
 
« La crise financière aura-t-elle des conséquences sur l'économie réelle ?»
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
J’attendais les premiers commentaires des économistes de l’OFCE sur cette crise. Voici quelques courts extraits de ce qu’a raconté Jean Paul FITOUSSI. En attendant la suite, dans le cadre d’une lettre de l’OFCE ou d’un article dans une prochaine Revue de l’OFCE.
 
Voici quelques extraits des réponses apportées par le président de l’OFCE. Réponses qu’il peut être utile de mettre en regard avec tous les arguments présentés dans différents billets sur ce blog et avec les arguments développés ailleurs (sur d’autres blogs) dont les liens se trouvent en bas de page des différents billets.
 
EXTRAITS
 
Crise financière et crise de confiance
 
« Il faut comprendre que ce qu'on appelle crise financière est la conséquence d'une rupture de confiance sur les marchés financiers. (…) La crise de confiance vient de ce que les opérateurs sur les marchés financiers avaient acheté des titres qu'ils pensaient non risqués, alors qu'ils l'étaient considérablement. »
 
De l’opacité à la transparence de l’information
 
« Un des problèmes que pose cette crise est l'opacité qu'elle révèle. Et cette opacité s'étend aux banques. Dans quelle mesure les banques sont-elles contaminées par la détention d'actifs de mauvaise qualité ? (…) Sur ce point règne la plus grande opacité.  On ne sait pas. »
 
« On peut aussi comprendre qu'une transparence absolue en période de perte de confiance peut s'avérer être un remède pire que le mal. Comme la transparence ne suffit pas, parce qu'il faut encore l'interprétation que l'on fait du risque supporté par chaque entité financière, il se peut que la transparence conduise à des mouvements de panique. » 
 
Excès ou insuffisance de liquidités ?
 
« Je crois que ce qu'une crise de crédit révèle, c'est une insuffisance de liquidités. Il y a crise de crédit parce que les gens refusent de se prêter les uns aux autres, et que donc le marché est asséché en liquidités. Dans ce cas-là, le grand risque, c'est que les taux d'intérêt bondissent. (…). Donc, (…), les banques centrales interviennent très justement comme prêteurs en dernier ressort, pour éviter une envolée des taux d'intérêt qui serait préjudiciable à tout le monde. »
 
Des politiques monétaires trop laxistes ces dernières années ?
 
« C'est ce que l'on dit. On dit que le marché était trop liquide. Mais on voit bien qu'on est confronté à un paradoxe : si le marché était trop liquide, connaîtrait-il des crises de liquidité ? D'un autre côté, ce que l'on souligne par ce terme "excès de liquidité", c'était que les taux d'intérêt étant tellement bas, le crédit était très facile. »
 
Excès de liquidité ou excès d'épargne
 
« Le diagnostic qui me semble le plus probable, c'est que nous vivons dans un monde où il y a un excès d'épargne, parce qu'il existe de telles inégalités que les catégories les plus aisées ne peuvent qu'épargner davantage,… » (...) « Si la distinction entre excès de liquidité et excès d'épargne est utile, c'est que, (…) un excès de liquidité contient une menace inflationniste, alors qu'un excès d'épargne contient une menace déflationniste. Un excès de liquidité doit être combattu par une augmentation du taux d'intérêt, alors qu'un excès d'épargne doit être combattu par une baisse du taux d'intérêt,… »
 
De la crise financière à la crise réelle
 
« Une crise financière est nécessairement une crise réelle si elle n'est pas combattue. Elle est le symptôme d'une crise réelle à venir. Ce qu'on appelle crise financière, c'est une baisse de la valeur des actifs détenus par les agents économiques : baisse des Bourses, baisse de la valeur des obligations, donc en fait une baisse du patrimoine des ménages. Et comment peut-on imaginer qu'une baisse de la richesse des ménages n'ait pas d'effet sur l'économie réelle ?»
 
Le cas européen
 
« Je ne crois pas que l'Europe soit touchée en tant que telle. J'ai dit (…) que l'Europe était marginalement touchée du fait des opérations financières réalisées par les banques européennes aux Etats-Unis… »
 
« Il n'y a pas de raison que la crise ait un impact sur le consommateur médian. La crise pourrait avoir un impact sur le consommateur riche, qui aura perdu beaucoup d'argent dans la baisse des Bourses et des titres financiers qu'il détenait. »
 
Les banques centrales pour redonner confiance
 
« Le retour de la confiance implique des actions déterminées de la part des banques centrales. Elles ont commencé à le faire, et j'espère qu'elles iront plus loin. Car si elles ne le faisaient pas, il existe effectivement un risque d'augmentation des taux d'intérêt sur les crédits aux particuliers et aux entreprises. Et cette augmentation aurait pour conséquence de ralentir la croissance économique. » 
 
« Le risque principal est bien celui du rationnement du crédit. Et ce risque ne pourrait être compensé que par une baisse des taux d'intérêt. Cela dans les semaines à venir. » 
 
« Le rôle fondamental des banques centrales aujourd'hui, c'est de faire passer par tous les moyens le message aux populations qu'elles ne laisseront pas les turbulences sur les marchés financiers affecter l'économie réelle, c'est-à-dire la croissance économique. Et elles disposent d'un instrument très puissant à cet effet : le taux d'intérêt. »
 
« Quand il y a crise de confiance, on ne peut rien faire d'autre que rassurer. Si en plus on a un instrument qui permet de le faire, il faut l'utiliser. En vous disant cela, je suis d'accord avec pratiquement tous les économistes de la planète, notamment les économistes américains. De droite, de gauche ou du centre. » 
 
Les interdépendances entre les phénomènes monétaires,
financiers et réels
 
« Les phénomènes monétaire et réel sont très interdépendants. On ne peut pas longtemps vivre sur l'illusion que la gestion du taux d'intérêt ne gouverne que l'inflation. La gestion du taux d'intérêt gouverne l'inflation et la croissance économique. Ce qui signifie que la politique monétaire est le lieu d'un arbitrage fondamental pour nos sociétés, qui doit conduire à des compromis entre inflation et croissance. »
 
 
L’intégralité du débat ici :
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
A consulter :
 
 
 
 
Published by David MOUREY - dans Crises Financières
commenter cet article

commentaires

Alexandre 14/09/2007 09:31

Bonjour David,hier en fin d'après midi, très bon dialogue entre Christine Lagarde et JP Fitoussi sur France Culture dans Du grain à moudre

David MOUREY 15/09/2007 17:07

Merci pour l'information Alexandre. A plus, David

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