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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 07:11
 
Appréciation de l’euro et envolée des cours du pétrole
 
Jeudi 18 octobre 2007, à Paris, un euro vaut 1,4305 dollar sur le marché des changes. Dans le même temps, vendredi 19 octobre 2007, sur le marché du pétrole le baril de brut franchit la barre des 90 dollars. Le brut léger américain a atteint 90,07 dollars. De son côté, le Brent de la mer du Nord atteint 84,52 dollars.
 
« L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont certains membres sont préoccupés par cette poussée des prix, pourrait se réunir plutôt que prévu pour discuter d'une augmentation de sa production. Un relèvement des quotas de 500.000 barils par jour est déjà programmé pour le 1er novembre. » Reuters
 
La montée des cours de l’euro, par rapport au dollar et au yen, et des prix du pétrole suscite des inquiétudes dans certains pays de la zone euro dont la croissance économique reste molle. En France, en particulier, nombreux sont ceux qui se demandent si nous allons subir négativement les effets de ce double choc.
 
Des dangers de la dépréciation du dollar par rapport à l’euro
 
Rappelons que selon Patrick ARTUS, directeur des études économiques chez NATIXIS, la chute du dollar par rapport à l’euro pourrait poser un problème à la zone euro. Un recul important du dollar ayant pour corollaire une appréciation de l’euro et du Yen, entraînerait une perte de compétitivité de l’Europe et du Japon, zones dont la croissance n’est pas suffisamment soutenue et durable au point de les mener prés de leur potentiel productif et donc du plein emploi des facteurs de production.
 
« Le ralentissement de l’activité aux États-Unis sera plus important que dans le Reste du Monde, puisque c’est aux États-Unis que la crise de la construction conduit à une chute de l’activité de construction. Il est donc normal d’attendre, comme les marchés financiers une baisse des taux d’intérêt à court terme des États-Unis relativement à ceux des autres régions, d’où une dépréciation supplémentaire du dollar (par rapport à l’euro et au yen) et une détérioration de la compétitivité des autres régions, ce qui est déjà le cas pour l’Europe mais pas pour le Japon. On a vu cependant depuis 2 mois la remontée nette du yen par rapport aux autres devises. »
 
De plus, le même Patrick ARTUS, dans une note récente - NATIXIS, Patrick ARTUS, Flash Economie N° 334, le 17 septembre 2007 -, tente de présenter les mécanismes par lesquels a crise des crédits « subprime » pourrait provoquer une récession mondiale. La combinaison de ces mécanismes pourrait déclencher une nouvelle récession mondiale sont : une situation de « credit crunch » généralisé, la chute du commerce mondial et les difficultés induites pour les pays dépendant des exportations, le recul des prix des matières premières et de la croissance des pays producteurs, l’extension du « flight to quality » aux émergents, la fin des effets de richesse liés aux prix des actifs, la chute du dollar, l’ arrêt du « carry-trade » et la déflation au Japon.
 
La dépréciation du dollar par rapport à l’euro serait donc une des menaces les plus sérieuses.
 
De la menace potentielle de la hausse des prix du pétrole
sur la croissance économique mondiale
 
Enfin, dans une note « Flash économie » publiée récemment, Patrick ARTUS évoque un scénario noir pour l’avenir proche. Dans 4 ans, en 2011, le monde pourrait connaître une crise profonde de l’endettement. Ce scénario n’est pas très optimiste. Pourtant, en l’évoquant, Patrick ARTUS ne nous invite pas à l’inaction, il semble plutôt combiner « le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté » comme je l’indiquais dans un billet précédent.
 
Pour l’auteur, en résumé, « La « catastrophe » de 2011 a les composantes suivantes :
- progressivement, dans quelques années, l’effet inflationniste qui vient de la hausse des prix des matières premières va l’emporter sur les autres effets désinflationnistes de la globalisation ;
- les banques centrales réagiront à ces pressions inflationnistes, à la différence de ce qui s’était passé dans les années 1970, et il y aura donc une hausse des taux d’intérêt réels (que n’anticipent pas encore les marchés) avec des politiques monétaires plus restrictives ;
- il y aura donc crise grave de l’endettement (la « catastrophe de 2011 »), puisque les taux d’endettement sont devenus très élevés dans la période où la globalisation était désinflationniste, et où les taux d’intérêt étaient bas, et seront incompatibles avec les taux d’intérêt réels qui apparaîtront dans le futur (admettons qu’il s’agit de 2011). » NATIXIS, Patrick ARTUS, Flash Economie, n°376 du 10 octobre 2007
 
Ici, c’est bien la hausse des prix du pétrole qui est, entre autres, évoquée. C’est également une menace très sérieuse pour l’avenir de la croissance économique mondiale.
 
De la combinaison appréciation de l’euro par rapport au dollar
et flambée des prix du pétrole
 
Dans ces conditions, la combinaison appréciation de l’euro par rapport au dollar (et au yen) et la flambée des prix du pétrole constitue-t-elle un symptôme d’une crise économique profonde à venir ?
 
Ceteris paribus,toutes choses égales par ailleurs, la montée de l’euro contre le dollar mais également contre le yen, pénalise les exportations de la zone euro. Cependant, l’économie et le solde commercial bénéficient, au travers d’importations moins coûteuses (en particulier en période de hausse des prix du pétrole), de l’appréciation de la monnaie unique.
 
De surcroît, tous les pays de la zone (très hétérogène) ne réagissent pas de la même manière aux variations du taux de change, les performances économiques comparées de la France et de l’Allemagne peuvent en témoigner. Par exemple, la spécialisation de l’industrie allemande sur des produits manufacturés à forte valeur ajoutée constitue un atout considérable. En outre, l’Allemagne possède un tissu industriel dense en entreprises moyennes exportatrices. Elle a d’ailleurs gagné des parts de marché au détriment de la France au sein même de la zone euro.
 
L’Euro fort, la facture énergétique et la compétitivité prix
 
Dans une récente publication de l’OFCE, Clair&Netdu 12 octobre 2007,Frédéric Reynèsse pose la question suivante :
 
« Les bénéfices d’un euro fort sur la facture énergétique compensent-ils les pertes de compétitivité ? »
 
Il commence par rappeler qu’ « en septembre 2007, les cours du pétrole et de l’euro sont montés au plus haut. Le prix du baril de Brent a dépassé 80 dollars le 28 septembre tandis qu’un euro permettait d’acheter 1,427 dollar. » La tendance s’est donc poursuivie en octobre 2007 comme indiqué ci-dessus.
 
L’appréciation de l’euro, depuis 2001, a permis de limiter la hausse de la facture pétrolière française nous dit l’auteur. Mais « peut-on pour autant se réjouir d’un euro fort ? » « Les gains engrangés par la baisse du prix des importations compensent-ils les pertes en termes de compétitivité ? »
 
Certes, une appréciation de l’euro réduit, de facto, la facture pétrolière puisque les cours du pétrole sont fixés en dollars. Ainsi, « entre 2001 et 2007, la hausse de l’euro a ainsi permis des économies sur la facture énergétique française. » « Sans appréciation de l’euro et sans les économies d’énergie, la facture pétrolière serait en 2007 (…) (en) hausse de 183 % par rapport à 2001 »
 
Frédéric Reynès observe que depuis 2001 « la consommation française de pétrole a baissé de près de 5% et a permis d’économiser 2,8 milliards d’euros » mais c’est un « résultat dérisoire comparé à l’économie de 18,7 milliards permise par l’appréciation de l’euro (87% de l’économie totale). »
 
Si les gains liés à l’appréciation de l’euro sont indéniables, « les effets vertueux d’une appréciation de l’euro compensent-ils les effets néfastes sur l’économie française d’un euro fort ? » Pour le savoir, il convient de  distinguer effet de revenu, d’un effet de substitution.
 
Un effet désinflationniste favorable à la croissance française
l’effet revenu
 
L’effet de revenu transite par la baisse du coût des importations induite par la hausse de l’euro. La demande intérieure (consommation et investissement) en produits importés augmente. Un euro plus « fort » permet d’importer de la désinflation.
 
Un effet pervers pour la croissance française
l’effet de substitution
 
Un euro « fort » est également préjudiciable pour le commerce extérieur français et, in fine, pour la croissance économique de la France. « En renchérissant le prix des exportations, il réduit ces dernières. En améliorant la compétitivité des producteurs étrangers, il augmente les importations au détriment de la production domestique. » Cette tendance peut contribuer à creuser le déficit extérieur.
 
Mais, « la hausse de l’euro ne dégrade pas le commerce avec les autres pays de la ZE, puisque le prix des importations et des exportations en provenance ou à destination de cette zone reste inchangé. Elle n’affecte pas non plus les importations non substituables telles que le pétrole ou le gaz naturel (..). Par contre, une hausse de l’euro entraîne une baisse des exportations à l’extérieur de la ZE et une hausse équivalente des importations substituables hors ZE (…).
 
En fin de compte, « l’effet de substitution entraîne une baisse du PIB supérieure à la hausse engendrée par l’effet de revenu. » Selon les calculs de l’auteur, « l’appréciation de 0,1 du taux de change €/$ coûte 0,45% de croissance. »
 
« La hausse du taux de change n’est donc pas le remède miracle pour réduire la facture énergétique des pays importateurs de pétrole. Si le gain immédiat est appréciable pour le consommateur, les pertes en termes de commerce extérieur sont plus importantes. Ce coût pour les producteurs français sera au final payé par les salariés par une moindre progression de leur rémunération et par une hausse du chômage. »
 
Il convient absolument de consulter cette courte étude de Frédéric Reynès car il propose de nombreuses données chiffrées pour estimer l’ampleur des effets évoqués ici.
 
 
A consulter :
 
Les bénéfices d’un euro fort sur la facture énergétique compensent-ils les pertes de compétitivité ?par Frédéric Reynès
En septembre 2007, les cours du pétrole et de l’euro sont montés au plus haut. Le prix du baril de Brent a dépassé 80 dollars le 28 septembre tandis qu’un euro permettait d’acheter 1,427 dollar...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
 
 
Le débat en vidéo
 
 
 
Un article sur le site du quotidien Libération
 
 
 
Un autre article sur le site du quotidien Libération
 
 
 
 
 
Published by David MOUREY - dans Europe
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