Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
  • Professeur d'Economie et de Sociologie Depuis 2005, Organisation et Animation : Conférences Pédagogiques Débats Publics Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ... au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault

Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

Rechercher

Le Livre de la Semaine

OCDE Statistiques OECD Factbook 2011-2012 « Analyse économique et historique des sociétés contemp

Texte Libre

Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 21:51
 
Selon Patrick ARTUS, dans un FLASH Economie du 6 novembre 2007, une situation de « Crédit Crunch » n'aurait pas les mêmes effets aux Etats-Unis et dans la zone euro. Cela ne devrait pas nous surprendre, dans la mesure ou les deux économies ne sont pas également concernées par les causes premières de la crise financière qui a débuté aux Etats-Unis au milieu de l’été 2007.
 
Nous l’avons déjà vu, la crise du crédit hypothécaire est d’abord une affaire américaine. Cela dit, les interdépendances financières sont telles que les effets de cette crise d’origine américaine ne peuvent être circonscrits aux Etats-Unis. La combinaison des phénomènes de titrisation, de l’abondance de liquidités dans le monde, de la méfiance accrue des créanciers, de l’aversion croissante au risque, … ne peut que produire des effets pervers sur l’économie de la zone euro et d’autres encore…
 
Pour autant, une même crise ne peut produire les mêmes effets dans deux économies dont les conditions de fonctionnement ne sont pas rigoureusement identiques. Ni les entreprises, ni les ménages, n’ont les mêmes comportements en matière d’investissement, de consommation, d’emprunt, d’achat d’actions, … aux Etats-Unis et dans la Zone euro.
 
C’est bien cela que nous explique Patrick ARTUS dans cette récente note. Nous en déduisons que si nous ne sommes pas atteint de manière identique par une situation analogue de « Crédit Crunch », nous devrons envisager des médications différentes pour que nos économies respectives retrouvent une bonne santé durable.
 
Le « Crédit Crunch » est probable !
 
« La crise de l'été 2007 et ses conséquences rendent possible, sinon probable, une restriction de la distribution de crédit par les banques. » La combinaison de plusieurs phénomènes pourrait expliquer cette contraction des crédits distribués par les banques.
 
- D’abord, une probable réduction « du montant de la titrisation réalisée par les banques en raison de la chute de la demande d'ABS (visible dans leurs spreads) »
 
- Ensuite, « la hausse périodique des taux de défaut des emprunteurs entreprises au début des années 2000, subprime aujourd'hui, la crise de liquidité qui a affecté les banques peuvent accroître l'aversion pour le risque des banques »
Les prêteurs réalisant que le risque bancaire (de défaut des emprunteurs, de variabilité du résultat, de liquidité) existe, il est probable qu'ils exigent une prime de risque plus élevée.
 
- Enfin, « la hausse du coût de financement des banques, aussi bien à court terme qu'à moyen long termes, conduit normalement à une baisse de l'offre de crédit. » Si les banques éprouvent des difficultés nouvelles à se refinancer, elles vont logiquement durcir les conditions d’octroi de crédit. L’offre de prêt va baisser. 
 
 
Cette contraction de l’offre de crédit des banques …
 
… affectera « les crédits aux entreprises » mais « pas les crédits aux ménages qui ralentissent spontanément ». Mais cette contraction reste à venir. « Elle ne se voit pas encore dans l'évolution des crédits ». Le « Crédit Crunch » est devant nous.
 
L'effet d'une contraction du crédit aux entreprises serait différent
aux Etats-Unis et dans la zone euro.
 
Les effets du « Crédit Crunch » aux Etats-Unis
 
Impact sur les entreprises
 
Aux Etats-Unis, les banques vont freiner la distribution de crédit aux entreprises. Mais, d’une part, l'investissement des entreprises augmente peu - il est largement autofinancé - et d’autre part, le crédit aux entreprises finance des opérations en capital (rachats d'actions, LBOS, acquisitions).
 
En effet, aux Etats-Unis, le ralentissement de la croissance de l'investissement des entreprises a accompagné le ralentissement de la demande anticipée. Comme, de plus, les entreprises autofinancent largement leurs investissements malgré une légère baisse du taux de profit en 2007, une contraction du crédit bancaire aux entreprises affecterait probablement peu, l'investissement des entreprises.
 
En revanche, cette réduction des crédits freinerait les opérations en capital, telles que les acquisitions, les rachats d'actions (dont les LBOS). Le rationnement du crédit, en provoquant une réduction du volume des opérations en capital, va se traduire par une baisse de la demande d'actions. Logiquement, les cours boursiers des actions vont diminuer.
 
« Si une restriction de l'offre de crédit vient réduire les achats d'actions sous toutes leurs formes aux Etats-Unis, il faut attendre un recul des cours boursiers. En effet, le marché boursier américain n'est pas soutenu par la demande des investisseurs institutionnels (assurances, fonds de pension) puisque ceux-ci ne sont pas acheteurs d'actions, alors qu'ils le sont dans la zone euro. »
 
Ce sont les opérations en capital (les rachats d'actions) qui soutiennent le marché des actions aux Etats-Unis, et leur diminution ferait chuter le marché. On va donc assister aux Etats-Unis à un second effet négatif de richesse après celui qui résultait de la baisse de la valeur des biens immobiliers.
 
Impact sur les ménages
 
La distribution de crédit aux ménages freine spontanément. Probablement en raison du premier effet de richesse négatif lié à la dévalorisation des biens immobiliers et de ses conséquences en chaîne. Un nouveau choc patrimonial négatif, après celui induit par la chute des prix de l'immobilier, viendra du marché des actions. Ce serait évidemment très dangereux pour la consommation, qui pour l'instant résiste puisqu'il n'y a pas de remontée du taux d'épargne des ménages.
 
En résumé, l’investissement productif ne va pas être trop pénalisé par cette contraction du crédit. Mais, l’effet de richesse négatif induit pourrait peser plus lourd en raison de la chute des cours boursiers dont il serait l’illustration et de ses effets sur la consommation des ménages.
 
Les effets du « Crédit Crunch » dans la Zone Euro
 
Impact sur les entreprises
 
La contraction de l'offre crédit aux entreprises n’aura pas les mêmes conséquences dans la Zone Euro qu’aux Etats-Unis.
 
« En effet, à la différence de ce qu'on observe aux Etats-Unis, les investissements des entreprises ne sont pas totalement autofinancés. Le taux d'autofinancement des crédit aux des entreprises est nettement inférieur à 100 % dans la zone euro, la seule exception à cette situation étant l'Allemagne. En outre, dans les pays de la zone euro, les rachats d'actions sont faibles. »
 
Dans ces conditions, une contraction de l'offre de crédit aurait plutôt un effet direct sur l'économie au travers de la baisse des investissements des entreprises.
 
On en déduit que, dans la zone euro, si la croissance des crédits aux entreprises finance (sauf en Allemagne) les investissements des entreprises et qu’on y observe une progression des investissements productifs, sauf en Italie, alors le ralentissement de l'offre de crédit aux entreprises aurait un effet direct négatif sur la croissance en raison du ralentissement, voire de la contraction, des investissements des entreprises.
 
Impact sur les ménages
 
Il ne devrait pas y avoir cumul de chocs patrimoniaux négatifs comme aux Etats-Unis. La consommation des ménages ne devrait pas souffrir d’une chute des cours des actions, d’un effet de richesse négatif.
 
 
Des mécanismes différents pour les effets du « Crédit Crunch » 
 
 
C’est donc par des canaux différents, des mécanismes différents, qu’une situation « Crédit Crunch » affecterait la croissance économique des Etats-Unis et de la Zone Euro.
 
Un effet indirect dans le cas des Etats-Unis, transitant par le ralentissement des opérations en capital (rachats d'actions, acquisitions…), la baisse des cours des actions en bourse et un second effet de richesse négatif et un effet direct dans la zone Euro, par le biais du freinage de l'investissement productif des entreprises.
 
 
Source :
 
« Le « Crédit Crunch » n'aurait pas les mêmes effets aux Etats-Unis et dans la zone euro », FLASH Economie, Natixis, Patrick ARTUS, le 6 novembre 2007 -N° - 414
 
 
A consulter :
 
 
 
 
Laurence Boone 10 Septembre 2007
A comme acteurs, B comme banques centrales, C comme crise et contagion : tenants et aboutissants de la crise du subprime.
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
 
 
Published by David MOUREY - dans Crises Financières
commenter cet article

commentaires

A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012