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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 13:40
 
Le bloggeur Ozenfant (site web), me questionne dans un commentaire du billet (« Croissance smithienne » et « Croissance schumpétérienne »))surla distinction entre analyse microéconomique et analyse macroéconomique. Cette distinction me semble utile dans la mesure ou elle permet d’envisager sous des angles différents les phénomènes économiques. Mais elle n’est pas définitive car la « réalité économique » est simultanément microéconomique et macroéconomique. Les deux approches sont, in fine, inséparables. Il n’y a que les méthodes, et les résultats (parfois) liés à ces méthodes pour les séparer.
 
Microéconomie versus Macroéconomie :
deux méthodes d’analyse opposées ?
 
De l’analyse microéconomique à …
 
        La microéconomie est la branche de l’analyse économique qui étudie le comportement des unités économiques (consommateurs, producteurs, …) et leurs interactions. La microéconomie est donc la science des choix (de production, de consommation, …) des acteurs de l’économie, acteurs supposés rationnels (homo oeconomicus), sous contraintes. L’analyse microéconomique relève de l’individualisme méthodologique, c'est-à-dire une méthode consistant à étudier les phénomènes en partant de l’hypothèse selon laquelle les individus sont guidés dans leurs choix, leurs comportements, par certaines formes de rationalité. On obtient le résultat global à partir d’une simple agrégation des comportements individuels. L’économie dans son ensemble n’est que l’agrégation des choix et comportements d’individus isolés mais en interaction. Le tout n’est que la somme des parties.
 
… l’analyse microéconomique
 
La macroéconomie est la branche de l’analyse économique qui étudie la structure, le fonctionnement et les résultats de l’économie globale. Or, les résultats de l’économie, de l’économie considérée dans son ensemble, sont étroitement liés aux politiques macroéconomiques qui visent à influencer les variables globales de l’économie comme le PIB, la consommation des ménages, l’investissement des entreprises,…
Dans une perspective macroéconomique, le tout est davantage que la somme des parties, il n’est pas le résultat de la simple agrégation de comportements individuels. L’économie globale n’est plus la simple agrégation d’actions individuelles en interaction. L’économie globale, tout comme la société dans son ensemble, est une réalité sui généris (en elle même) qui a ses lois propres.
La macroéconomie est une approche qui répond aux principes du holisme méthodologique.  C’est aussi une approche systémique puisque l’économie globale peut être considérée comme un système économique dont les éléments sont interdépendants. 
 
Nous avons donc, d’une part, une approche qui porte son attention sur les acteurs individuels, l’individualisme méthodologique et d’autre part, une approche qui met l’accent sur le système économique global, le holisme méthodologique.
 
 
De la microéconomie à la macroéconomie :
 
« Bridge » or « no bridge » ?
 
En ce qui me concerne, je défends très clairement les approches selon lesquelles il existe des fondements microéconomiques à la macroéconomie. Je ne comprends pas les « intégristes » du « no bridge » entre les deux approches. Il y a des ponts, multiples pour relier les deux approches.
 
L’explication de phénomènes microéconomiques peut permettre de comprendre des phénomènes macroéconomiques et réciproquement, l’explication des évolutions des grandeurs macroéconomiques peut permettre de mieux aborder les changements de comportements des acteurs au niveau microéconomique.
 
Dans ces conditions, cette opposition devient vite superficielle, partielle, partiale et normative.
 
De plus dans le billet, (« Croissance smithienne » et « Croissance schumpétérienne »), il me semble que je pars deux fois des comportements microéconomiques pour expliquer des évolutions au niveau macroéconomiques.
 
La division technique du travail (intra entreprise) et ses premiers effets relèvent bien du niveau microéconomique. Mais avec Adam SMITH, puis ses disciples, on a pu montrer ses effets au niveau macroéconomique sur la croissance, l’emploi,…
 
De manière analogue, l’innovation chez Joseph SCHUMPETER relève clairement de comportements microéconomiques, ceux des entrepreneurs innovateurs. Pour autant, on a pu montrer les effets de l’innovation, au niveau macroéconomique, sur la croissance, l’emploi,… à travers le processus de destruction créatrice.
 
Autre exemple, si les consommateurs changent de comportement de consommation, cela aura des impacts positifs ou négatifs sur la croissance, l’emploi, .., au niveau macroéconomique.
 
De manière analogue, si des mesures sur le pouvoir d’achat des ménages, considérés globalement, sont prises et appliquées, ce changement d’ordre macroéconomique peut aboutir à des changements de comportement au niveau microéconomique. Est-ce la consommation qui va augmenter et/ou l’épargne ? Et donc, la croissance et l’emploi, …
 
On pourrait multiplier les exemples …
 
L’appréciation de l’euro : effets micro ou macro ?
 
Enfin, sur les effets de l’appréciation de l’euro par rapport au dollar, la distinction des effets microéconomiques et macroéconomiques est encore factice. Cette appréciation a bien des effets au niveau microéconomique sur des entreprises dans certains secteurs en particulier.
Pour autant, la gestion de l’euro relève du niveau macroéconomique, et c’est bien l’absence de véritable politique de change dans la zone euro (niveau macro), qui provoque en partie cette appréciation de l’euro dont les effets vont se traduire au niveau microéconomique.
 
 
Donc, je ne privilégie pas l’approche macroéconomique par rapport à l’approche microéconomique. Même si des études séparées sont indispensables, les résultats obtenus dans le cadre de ces deux perspectives de recherche sont complémentaires.
 
La « réalité économique » n’est ni exclusivement microéconomique, ni exclusivement macroéconomique, elle est tout cela en même temps.
 
Des fondements microéconomiques de la macroéconomie à … 
 
De nombreuses analyses tentent de mettre en évidence les fondements microéconomiques de la macroéconomique. Mais, même si l’intuition est juste, il me semble que ce sont les outils à la disposition des chercheurs qui ne permettent pas d’aboutir.
 
… la combinaison de la mécanique quantique
et de la théorie de la relativité
 
On retrouve ce type de difficulté en Physique, ou les scientifiques cherchent encore et toujours à unifier, à concilier tout au moins, l’approche « micro » de l’infiniment petit par la mécanique quantique et celle « macro » de l’infiniment grand liée aux résultats des théorie de la relativité restreinte et de la relativité générale proposées par Albert EINSTEIN entre 1905 et 1915.
 
Cela étant, je n’affirmerai pas, à l’instar du Général de GAULLE « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche ».
 
Il est en effet plus facile de chercher que de trouver…
 
A consulter :
 
 
 

commentaires

ABDETGHZA 03/01/2017 00:31

trés interesant je vous remerciez pour le partage , vraiment très utils

yina 25/01/2016 21:06

cool

PIGA 17/10/2010 18:29



Et les soldes?



Ozenfant 15/12/2007 11:05

David,
Très intéressant ! merçi de tous ces renseignements auquels je ne trouve rien à redire.
Une chose cependant:  Il me semble que le gouvernement peut influencer plus facilement l'incitation à embaucher par la modification de ses lois fiscales (de que Lagarde à pour le moment abandonné), que par du lobbying auprès de la BUE, par exemple.  Il à donc une influence sur la micro, peu sur la macro-économie !
 

Arafad 21/11/2016 13:05

Ce super reponse

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