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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 22:10

 

La machine à fabriquer les bulles n'est pas
sur le point de s’arrêter.
 
Poursuite de la présentation des chroniques de Patrick ARTUS, Directeur des études économiques chez Natixis, Professeur à l'École polytechnique, Professeur associé à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et Membre du CAE, le Conseil d’Analyse économique.
 
Patrick ARTUS sera présent mardi 6 mai 2008 à PONTAULT-COMBAULT pour une nouvelle conférence pédagogique d’économie devant environ 400 élèves de première ES, de Terminale ES et de BTS Banque venant de trois lycées situés dans trois villes différentes.
 
La reproduction des conditions de l’émergence
de bulles financières
 
Pour Patrick ARTUS, la machine à fabriquer les bulles spéculatives n'est pas prête de s’arrêter. En effet, malgré les effets prolongés et significatifs de la crise financière qui a débuté au cours de l'été 2007 aux Etats-Unis, les deux principales causes de l'apparition répétitive de bulles sur les prix des actifs persistent.
 
Le maintien de la combinaison, recherche de rendements trop élevés par les investisseurs et la croissance rapide de la liquidité mondiale à investir, favorise la reproduction des conditions d’occurrence de la prochaine crise financière, sur fond de spéculation.
 
Quand la liquidité à investir est abondante et que les investisseurs financiers recherchent « collectivement les actifs qui procurent, à un instant donné, les rendements les plus élevés, une liquidité excessive continue à se concentrer sur quelques actifs dont les prix montent exagérément. » Et, fort logiquement, le gonflement de la bulle commence…
FLASH NATIXIS, RECHERCHE ECONOMIQUE, Patrick ARTUS, 18 janvier 2008
 
L’éternelle répétition d’une combinaison explosive
 
La  logique de constitution et de fonctionnement des bulles reste inchangée. Le seul changement provient d’un déplacement de la demande d’actifs. Les investisseurs ont reporté leur dévolu, des marchés de l'immobilier et des ABS vers les marchés de matières premières et les marchés d'actions des pays émergents.
L’accès facile des investisseurs à une liquidité abondante, associée à la recherche de rendements anormalement élevés par rapport aux rendements sans risque, « les pousse au mimétisme, puisqu'ils doivent être acheteurs des actifs dont les prix montent. Ceci concentre la liquidité sur un petit nombre d'actifs dont les prix croissent de ce fait exagérément, d'où l'apparition des bulles. »
FLASH NATIXIS, RECHERCHE ECONOMIQUE, Patrick ARTUS, 18 janvier 2008
 
Si la plupart des investisseurs cherche à acquérir les mêmes actifs, l’effet rareté de la quantité offerte relativement à la quantité demandée, se traduit ipso facto par une hausse des cours. Dans un second temps, le mimetisme panurgien va produire ses effets les plus pervers et cette hausse des cours alimente une nouvelle demande fondée sur des anticipations irrationnelles de poursuite de la hausse … et le cercle « vertueux » du gonflement de la bulle se poursuit jusqu’au moment ou le retournement brutal des anticipations provoque une chute non moins brutale des cours, avec toutes les conséquences financières et réelles qui peuvent en découler pour ceux qui ont joué avec le feu, et se sont à juste titre brûlé, mais aussi pour ceux qui n’ont pas joué mais qui perdent beaucoup.
 
Le déplacement de la localisation des bulles
 
« A la fin des années 1990, la liquidité finançait les achats d'actions, en particulier des sociétés des nouvelles technologies, les acquisitions de ces mêmes sociétés. Les investisseurs sont fortement acheteurs d'actions et la valorisation boursière devient extravagante. Après la crise boursière de 2001-2002, la liquidité se reporte d'abord sur le financement de l'immobilier résidentiel, d'où la très forte hausse du crédit hypothécaire et des prix des maisons. La bulle de l'immobilier résidentiel se corrige à partir de 2007, plus rapidement aux Etats-Unis qu'en Europe. La liquidité s'est aussi dirigée, de 2003 à la crise de 2007, vers les ABS, le crédit structuré, d'où le resserrement des spreads, particulièrement de la mi-2005 à la mi-2007. Après la crise de 2007, la liquidité abandonne le financement de l'immobilier résidentiel, des ABS et se dirige vers d'autres actifs dont les prix augmentent alors rapidement : matières premières (énergie, métaux précieux, alimentaires, actions des pays émergents. »
FLASH NATIXIS, RECHERCHE ECONOMIQUE, Patrick ARTUS, 18 janvier 2008
 
A chaque fois, l’excès de liquidité entraîne donc une valorisation excessive des actifs dont les cours montent bien au-delà  des plafonds qui seraient justifiés par l’évolution des grandeurs fondamentales. L’écart entre les quantités offertes et demandées n’est pas suffisamment significatif pour être susceptible de justifier l’amplitude de variation des cours des actifs considérés. Par exemple, « la hausse du prix du pétrole depuis l'été 2007, ne peut pas être expliquée par l'évolution de la demande mondiale de pétrole ». De manière analogue, « la valorisation des actions des émergents (particulièrement Inde, Russie) est bien plus forte que celle des actions des grands pays de l'OCDE. » C’est la fameuse « exubérance irrationnelle » dénoncée par Alan GREENSPAN, ancien gouverneur de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine.
 
Il y a donc bien report de la liquidité, et donc de la spéculation, depuis la crise de l'été 2007, sur de nouveaux actifs.  Et à l’instar de la bulle récente de  l'immobilier et de « la bulle sur les actions des sociétés des nouvelles technologies en 2001, cette nouvelle bulle se terminera en une correction brutale, sauf si la communauté des investisseurs revient rapidement à une structure d'investissement guidée par les fondamentaux et non par la performance instantanée qu'elle n'a pas su faire dans le passé ».
FLASH NATIXIS, RECHERCHE ECONOMIQUE, Patrick ARTUS, 18 janvier 2008
 
Pas de révision à la baisse de l'exigence de rendement
 
Patrick ARTUS affirme clairement que les investisseurs n’ont pas renoncé à rechercher des rendements anormalement élevés. En effet, malgré la récurrence des crises, l’observation de l'évolution du rendement des hedge funds permet de mettre en évidence une certaine continuité des comportements. « Il n'y a pas de révision à la baisse de l'exigence de rendement, d'acceptation de moindres excès de rendement par rapport au niveau bas des rendements sans risque. » permet de mettre en évidence une certaine continuité des comportements.
Logiquement, un actif peu risqué devrait offrir un rendement plus faible mais suffisant pour couvrir le risque. Inversement, un actif risqué exige un rendement plus élevé de la part des investisseurs. Si cette logique n’est pas respectée, l’exigence de rendement suit une spirale exagérément haussière fondée sur des anticipations et espérances de gains irréalistes et cet enchaînement est à l’origine du gonflement de bulles spéculatives.
 
Pas de ralentissement de la croissance de la liquidité mondiale
 
Les signes de cette croissance toujours trop rapide de la liquidité globale sont identifiables dans le suivi de l’évolution de la base monétaire mondiale qui continue à croître très rapidement et qui est « alimentée par l'accumulation de réserves de change dans les pays émergents et exportateurs de matières premières ».
La base monétaire désigne la quantité de monnaie centrale en circulation dans l’économie. C’est la forme supérieure de liquidité. La banque centrale crée cette monnaie en accordant des concours au Trésor Public, aux banques commerciale, ou encore en acquérant des devises ou des titres sur les marchés. L’accumulation de devises par les banques est une des sources de la création monétaire et l’accumulation de réserves de change (de devises) par la banque centrale est une des sources de la création de monnaie centrale. Or, plus les banques disposent ou peuvent disposer de monnaie centrale, plus elles peuvent créer de la monnaie pour leurs clients. L’accumulation de réserves de change par les banques centrales contribue bien à augmenter les liquidités dans l’économie mondiale. Et rendent plus facile le financement d’opérations même si elles sont très risquées.
 
Comment éviter de nouvelles bulles spéculatives ?
 
Pour éviter cette explosion des bulles, il faudrait que les investisseurs portent rapidement et progressivement davantage d’intérêt à d'autres actifs dont les cours sont au contraire sous évalués. Cela permettrait de rééquilibrer les cours relatifs des actifs et cela permettrait le gonflement puis l’explosion de bulles financières aux conséquences économiques réelles négatives à court terme et à long terme. « C'est le cas des actifs d'entreprise (crédit, actions) qui sont délaissés, alors que la profitabilité des entreprises continue à s'accroître (après qu'elle ait baissé au premier semestre 2007 aux Etats-Unis, avec des gains de productivité supérieurs aux hausses de salaire réel. » FLASH NATIXIS, RECHERCHE ECONOMIQUE, Patrick ARTUS, 18 janvier 2008
 
En attendant, l’histoire financière des vingt dernières années nous conduit à craindre la poursuite des flux excessifs d'investissement sur les matières premières (énergie, métaux précieux, alimentaire) et des actifs des pays émergents avant qu’une correction brutale des cours ramènent tout le monde à la raison à coup de massue.
 
A suivre …
 
A consulter :
 
 
 
 
 
Laurence Boone 10 Septembre 2007
A comme acteurs, B comme banques centrales, C comme crise et contagion : tenants et aboutissants de la crise du subprime.
 
 
 
 
 
Le Monde, Débat avec Jean Paul Fitoussi,  président de l'OFCE,  mardi 11 septembre 2007 à 15 h00.
 
 
 
 
 
 
Published by David MOUREY - dans Crises Financières
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commentaires

Inter'Or 01/11/2008 09:20

La plupart des commentaires évoqués sont aujourd'hui dépassés. Nous enregistrons une baisse généralisée des taux d'intérêts des banques centrales, le japon en tête avec un taux actuel de 0,30%, des taux pratiquement jamais atteints, a contrario, une baisse généralisée des matières premières et principalement des métaux, les graphes des programmes informatisés sont tous dans le rouge. Ces programmes dans l'état actuel de la situation financière et économique mondiale sont obsolètes. C'est l'entièreté de notre système économique qui doit être revu et principalement les instruments de bourse qui permettent à des individus ou à des sociétés de pouvoir faires des opérations et des interventions sur des marchés en n'ayant pas le capital nécessaire pour répondre de leurs engagements.
achat or

David Mourey 02/11/2008 17:58


Excusez moi, mais le billet que vous commentez date du 20 janvier 2008. Depuis, la siutaion a pas mal évoluée. Pour autant, je ne crois pas que la logique
d'enchainement des causes et des effets n'est plus pertinente. Je ne comprend pas votre remarque.


Inter'Or 11/10/2008 20:17

Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère économique, lers chiffres parlent d'eux-même.
Quelques graphiques intéressants !
 





Nos matières premières et minières ont-elles aussi été massacréesA l'instar des financières. Regardez :





Cours à 3 mois


Vendredi 30 juin 2008


Mercredi8 octobre 2008


Variation




 Aluminium*


3 123


2 255


-28%




 Cuivre*


8 500


5 240


-39%




 Plomb*


1 800


1 575


-13%




 Nickel*


21 950


13 200


-40%




 Etain


23 375


14 900


-36%




 Zinc*


1 930


1 430


-26%




 Pétrole


140


89


-37%




 Or (spot)**


928


903


-3%




 Argent (spot)**


18


12


-34%




 Platine (spot) **


2 067


1 000


-52%





* cours en $ sur le LME à trois mois** cours en $ l'once





Cours à 3 mois


Vendredi30 juin 2008


Mercredi8 octobre 2008


Variation




 CAC


4 397


3 497


-20%




 DAX


6 418


5 013


-22%




 FTSE*


5 625


4 605


-18%




 Dow Jones


11 350


9 258


-18%




 Hong Kong


22 102


15 431


-30%




 Nikkei


13 481


9 203


-32%




 Indice XAU


190


121


-36%





achat">http://interor.fr">achat or




* Variation des indices depuis le 30 juinNb : l'indide XAU est l'indice des valeurs minières aurifères

David Mourey 02/11/2008 17:20


Merci pour ces données statistiques, mais je ne sais pas si nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère économique ... Attendons un peu pour voir la suite.


A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012