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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

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Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 20:45

 

Vous lirez ci-dessous l’article publié dans « Le Monde de l’Education », numéro 357, Avril 2007, par monsieur Marc DUPUIS, rédacteur en chef adjoint, qui relate la conférence de Pierre CAHUC devant environ 350 élèves, venus de trois lycées différents situés dans trois villes différentes, le 9 janvier 2007 dans la salle Jacques Brel à Pontault-Combault. 
 
« Economie réelle pour vrais lycéens »
 
Des économistes de renom international face à des lycéens ordinaires, tel est le tour de force réalisé par un professeur de SES qui prépare ainsi ses élèves de terminale ES au baccalauréat... et au monde du travail dans lequel ils vont bientôt entrer.
 
Petit matin d'hiver gris à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). La salle des fêtes Jacques-Brel fait triste mine. Heureusement, les 350 lycéens de terminales ES de trois établissements de la région (Charles-le-Chauve à Roissy-en-Brie, Camille-Claudel à Pontault-Combault, et Sainte-Thérèse à Ozoir-la-Ferrière), qui sortent de leurs cars scolaires pour s'engouffrer bruyamment dans la salle, lui donnent immédiatement un air plus gai.
 
Sur l'estrade, David MOUREY, professeur de sciences économiques et sociales (SES) au lycée Charles-le-Chauve, a vite fait de rétablir le calme.
 
Il est le grand organisateur de la rencontre-débat entre des jeunes et un économiste de renom, Pierre Cahuc, auteur de nombreux ouvrages, professeur d'économie à Paris-I, à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae).
 
David Mourey n'en est pas à son coup d'essai et la venue de Pierre Cahuc n'est pas une opération isolée et sans suite.
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Avant lui, il y a eu le président de l’OFCE, Jean-Paul Fitoussi, venu parler aux lycéens de la construction européenne, puis Daniel Cohen, directeur du Cepremap, qui a planché avec eux sur la mondialisation.
 
Après Pierre Cahuc, Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d'analyse économique, Eric Heyer, économiste à l'OFCE et Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques les ont entretenus de l'emploi et du chômage.
 
En avril, Michel Pébereau, président de BNP-Paribas, Jean Pisany-Ferry, directeur de Bruegel (1) et Xavier Timbeau, économiste à l'OFCE, viendront débattre de la dette publique.
 
Le fait de parvenir à déplacer à Pontault-Combault de telles personnalités mérite d'être souligné. Comme celui de réussir à rassembler les élèves de trois établissements différents, ce qui n'est pas une mince affaire non plus.
 
Intitulée « Travail et emploi », la rencontre du jour doit permettre aux élèves de se familiariser avec les données largement exploitées par Pierre Cahuc dans son livre Le Chômage : fatalité ou nécessité ? (2)... que tous n'ont pas lu, malgré les conseils du professeur. « Vous serez sur le marché du travail d'ici deux ou trois ans, rappelle David Mourey en introduction. Le chômage des jeunes est un des plus importants qui soient (NDLR : plus de 20 %, surtout chez les moins diplômés).
 
Il est donc capital que vous sachiez comment fonctionne l'emploi. » De fait, les chiffres que cite Pierre Cahuc surprennent la plupart des lycéens. Ainsi, au vu d'informations collectées auprès d'entreprises modèles, il y aurait « en France environ 10% des entreprises qui ferment... et autant qui ouvrent chaque année (NDLR : une année ouvrable représente 240 jours), soit 10000 emplois créés et 10 000 emplois détruits chaque jour».
 
Cette prise de conscience des mouvements de création/destruction des emplois est relativement récente, indique l'économiste. Elle est liée aux progrès de l'informatique dans les années 1980, qui ont permis de traiter de très grosses masses de données chiffrées, rendant ainsi compte de phénomènes nouveaux. « C'est un peu comme les astrophysiciens qui découvrent de nouvelles planètes grâce à de nouveaux appareils», explique Pierre Cahuc. De nouvelles connaissances dont on doit la paternité à Joseph Schumpeter et sa «Théorie de l'évolution économique», qui a permis de passer d'une analyse « statique » du marché du travail à une analyse «dynamique».
 
« Les élèves sont flattés de voir que des gens aussi importants au
 plan national et international viennent leur parler.
 Ils n'ont plus l'excuse de dire qu'on les abandonne à leur sort. »
David Mourey
 
Dans l'assistance, hormis les inévitables « touristes », une bonne partie des élèves n'est pas au bout de ses découvertes. Après avoir appris que 70 % des nouveaux emplois sont des CDD en France, que les licenciements boursiers sont des exceptions et que ceux liés à des plans sociaux ne représentent que 0,5 % des départs, une élève ne peut s'empêcher de demander au chercheur :
 
«Mais alors, à quoi est dû le chômage, si les licenciements économiques et boursiers sont si peu importants et que le reste est constitué de fins de CDD ?»
 
Réponse : au coût du travail, au niveau de diplôme des demandeurs et à la demande car, rappelle Pierre Cahuc, «pour que quelqu'un soit employé, il faut qu'il rapporte plus qu'il ne coûte. Il faut qu'il soit rentable, dynamique, compétitif et formé». A bon entendeur...
 
L'étonnement est encore fort lorsque l'économiste évoque l'aspect « utile » des destructions d'emploi : « II y a des perdants et des gagnants. Ce système génère du malheur, mais il permet aussi la croissance. Et si la croissance génère du chômage, c'est aussi ce processus qui crée de la richesse. C'est le marché qui régule l'emploi. C'est un mauvais système, mais c'est le meilleur que nous connaissions. »
 
Impact de l'immigration sur l'emploi
Articulation entre marché du travail
Protection sociale et redistribution
Assurance-chômage et flexibilité du travail...
 
Un rétroprojecteur permet aux lycéens de mieux suivre en prenant des notes. Pierre Cahuc est lancé, les idées toutes faites continuent de tomber : « On ne peut pas dire que chaque immigré qui travaille prend le travail d'un Français. Au contraire, c'est l'immigration qui crée l'emploi. » Et de citer les travaux de David Gard, Impact sur l'emploi de l'exode cubain de 1980 à Miami, qui font référence en la matière : malgré l'arrivée massive de 125 000 réfugiés cubains en 1980 à Miami, le chômage des Blancs y avait baissé et celui des Noirs n'avait augmenté que de 1,3%... alors que, dans le même temps, dans des villes témoins américaines non touchées par l'arrivée de Cubains, le chômage des Blancs avait moins baissé et celui des Noirs plus augmenté !
 
Conclusion : l'immigration n'est pas génératrice de chômage, une règle qui s'est « vérifiée en France en 1962 avec l'arrivée des pieds-noirs d'Algérie, ou en Italie avec celle des réfugiés de la guerre dans l'ex-Yougoslavie», poursuit le chercheur.
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Marché du travail, chômage, immigration, protection sociale : entre chaque thème développé par Pierre Cahuc, la salle est invitée à poser des questions.
 
D'abord intimidés -et aussi interloqués par ce qu'ils apprennent, les élèves finissent par se lancer et posent des questions pertinentes : « Comment l'économie de marché peut-elle favoriser la croissance si elle crée du chômage?»; « Y a-t-il d'autres solutions que la flexibilité pour répondre aux problèmes de l'emploi ?» ; « Pourquoi n'y a-t-il pas accroissement de la population active quand des chômeurs retrouvent du travail?»
 
Récompense
 
David Mourey savoure ce moment. «Je veux que les élèves sachent que tout est possible. Ils sont flattés de voir que des gens aussi importants au plan national et international viennent leur parler. Ils n'ont plus l'excuse de dire qu'on les abandonne à leur sort. Et à force de les motiver, ils y croient. » Bien sûr, « il n'y a pas de magie, seulement du travail», tempère le professeur, qui a aussi ses moments d'abattement : «La reconnaissance vient par les élèves et les familles, mais je souffre de ce que le milieu professionnel s'en moque. Tout le monde s'en moque: le ministre, le recteur, l'inspecteur. Il y a un manque de valorisation des initiatives. J'ai demandé des inspections supplémentaires, je ne les ai pas obtenues. ».
 
Malgré tout, la récompense est au rendez-vous : « Ces conférences me permettent de lutter contre l'ennui de la répétition des programmes. En plus, cela enrichit mes cours d'avoir des spécialistes qui viennent combattre plus et mieux que moi les idées toutes faites. » »
 
Sans compter le résultat final en termes d'examen. «L'an dernier, la terminale ES devait faire 65 % au baccalauréat. Or 32 élèves sur 35 ont eu le bac: 92% de réussite. Pourquoi? Parce qu'ils avaient pris l'économie en rattrapage à l'oral, que je les avais préparés quatre heures et demie et que 14 sur 16 ont été repêchés. »
 
Conférences mieux préparées par les élèves et moins longues : le système est améliorable. Ce qui est sûr, c'est que les thèmes doivent rester en liaison avec les programmes et le baccalauréat.
 
Marc Dupuis
 
(1) Club de réflexion européen sur l'économie internationale.
(2) Avec André Zylberberg, Flammarion, 2004.
 
Avril 2007 H Le Monde de l'éducation
 
A consulter :
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Le Monde de l'Education
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Conférence du mercredi 20 avril 2005
Jean-Paul FITOUSSI
Professeur à l’IEP de Paris, Président de l’OFCE
 
 
 
 
Pour la première fois, un débat  entre deux économistes, est proposé à des lycéens.
 
 
 
 
Le débat sur la dette publique, qui se tiendra le 17 avril 2007, a été annoncé par Vincent Beaufils dans un édito de « Challenges » , numéro 71, du 15 au 21 mars 2007.
 
 
Avant-propos :  L’économie, c’est la vie par Vincent Beaufils
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