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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 20:10

 

La relation de causalité entre croissance économique et croissance de l’emploi, que ce soit en phase d’accélération ou de ralentissement  de la croissance (voire de baisse du PIB), est très étroitement dépendante de l’évolution de la productivité par travailleur à court terme.

 

En effet, on comprend aisément qu’en période de ralentissement de la croissance du PIB, les entreprises licencient davantage et embauchent moins. Pour autant, l’ajustement de l’emploi au ralentissement de la croissance économique, ou à la baisse du PIB n’est ni immédiat, ni strictement proportionnel.

 

Pourquoi ?

Le cycle de productivité

 

Tout simplement en raison de ce que les économistes appellent le cycle de productivité.

 

Comme le disent très clairement les économistes de l’OFCE dans l’ouvrage annuel « L’Economie Française 2010 », « l’impact de la croissance sur l’emploi est amorti par le cycle de productivité : les entreprises n’ajustent pas immédiatement leurs effectifs aux besoins de la production mais préfèrent d’abord ajuster les cadences, et contrôler plus ou moins rigoureusement les temps de pause, ou recourir aux heures supplémentaires ou au chômage partiel. Les entreprises ne vont ajuster leurs effectifs que si le rebond ou le creux conjoncturel s’avère durable. C’est pourquoi  la productivité du travail s’accélère lors des phases de reprise et se réduit lors des phases de ralentissement conjoncturel. La modification du rythme de croissance a donc des effets retardés sur l’emploi et la croissance de la productivité du travail fluctue à court terme. »

 

Ce décalage temporel entre variations de l’emploi et variation de la croissance du PIB explique le cycle de la productivité par tête ou par travailleur. Chaque travailleur ayant une tête, … sinon, ce n’est plus un travailleur …

 

Cycle de productivité et  vitesse d’ajustement de l’emploi

 

On observera que le cycle de productivité sera d’autant plus marqué que la vitesse d’ajustement de l’emploi sera faible et le cycle de productivité sera d’autant moins marqué que la vitesse d’ajustement de l’emploi sera forte.

 

Dans le premier cas, les formes de flexibilité interne étant privilégiées (faible flexibilité externe), la productivité sera très variable et dans le second cas, la flexibilité quantitative externe (ajustement rapide et important des effectifs) étant forte, les variations de la productivité seront plus faibles.

 

Une arithmétique simple

 

On peut comprendre ce point à partir d’une arithmétique simple :

 

Soit la Productivité apparente par travailleur (PAT)

 

PAT = Production / Emploi

Donc,   Emploi = Production / PAT

 

En variation, on obtient

 

TV Emploi = TV Production - TV PAT

Ou

TV PAT = TV Production - TV Emploi

 

On comprend donc qu’une accélération de la croissance économique sera d’autant plus créatrice d’emplois que le taux de croissance de la productivité par tête sera faible, … donc l’ajustement de l’emploi sera important.

 

De même, un ralentissement de la croissance économique (voire une baisse du PIB) sera d’autant moins destructeur d’emplois que le taux de croissance de la productivité par tête restera faible (voire la productivité baisse), … donc l’ajustement de l’emploi sera faible.

 

Sur l’ajustement de l’emploi au cours de la récession actuelle

 

Enfin, en ce qui concerne cette relation à court terme entre croissance du PIB, croissance de la PAT et croissance de l’emploi, on peut déduire de ce qui précède que dans une économie frappée par une grave récession au sens ou le PIB va baisser pendant au moins deux trimestres consécutifs :

 

les économies dans lesquelles l’emploi s’ajuste avec lenteur (faible flexibilité du marché du travail) vont voir la productivité du travail chuter dans un premier temps et le chômage augmenter lentement.

En revanche, dans un second temps, l’ajustement retardé de l’emploi se traduira d’une part par une remontée de la PAT avec la forte hausse du chômage.

Autrement dit, le déficit transitoire de productivité annonce une hausse future du chômage et une hausse de la productivité.

 

- les économies dans lesquelles l’emploi s’ajuste avec rapidité (forte flexibilité du marché du travail) vont voir la productivité du travail rester plus stable, ou baisser plus modérément, dans un premier temps et le chômage augmenter fortement.  …

 

Dans un billet suivant, nous observerons les évolutions comparées de ces trois variables dans plusieurs économies au cours de la sévère phase de récession 2008-2009, afin de distinguer celles ou l’ajustement de l’emploi et le cycle de productivité sont les plus prononcés et au contraire celles ou les variations de l’emploi et le cycle de productivité sont beaucoup plus lisses.

 

A consulter :

 

Evolution du PIB dans les Grandes Economies Emergentes


Ressorts de la Croissance : De la dette privée à la dette publique


Etats-Unis : La croissance par l’endettement, et après … ?


Croissance économique, environnement et développement durable


PIB : Croissance nominale et croissance en volume


Aprés la Crise Financière : Comment sortir d’une récession ?


Croissance économique durablement molle pour la France ???


PIB et PIB par Habitant : Ecarts Chine, France, Allemagne ...


Les temps de la politique économiques


« Croissance smithienne » et « Croissance schumpétérienne »

Published by David Mourey - dans Croissance économique
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