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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 20:10

 

Aprés un second plan (en quelques mois)  de réduction des déficits budgétaires qui n’est pas du tout crédible aux yeux de ceux qui sont sensés être rassurés, les investisseurs, il ne faut pas s’étonner de voir les spreads souverains augmenter pour l’Etat français.

 Le spread désigne l'écart de rendement (ce que rapporte le prêt au créancier) que l’on peut observer entre deux titres de dette identiques (ou presque).

Le spread va refléter le différentiel de risque pris par les détenteurs des titres concernés

Par exemple, dans la Zone euro, l’obligation souveraine de l’Etat allemand (le Bund) est supposée être le titre d’emprunt sans risque, l’actif de référence à l’aune duquel on va pouvoir juger les titres similaires émis par les autres Etats.

De fait, le spread sera  logiquement d'autant plus faible que la solvabilité de l'émetteur est perçue comme bonne, par rapport à la référence. Et, il sera d’autant plus élevé que la solvabilité de l'émetteur est perçue comme étant mauvaise, par rapport à l’émetteur de référence.

Ceci étant précisé, quand le spread augmente entre la France et l’Allemagne, cela veut tout simplement dire que la solvabilité de l’Etat français se dégrade relativement à celle de l’Etat allemand, en tout cas aux yeux des investisseurs en titres souverains.

C’est ce que nous observerons parfaitement sur les graphiques suivants quand on compare les taux à 10 ans sur les emprunts d’Etat au cours de l’année 2011.

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 2011

On voit très bien l’écart se creuser graduellement au détriment de la France.

Ce qui est assez inquiétant !

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 08 2011 a 11 2011

On voit aussi que ce creusement s’est largement accéléré depuis le mois de juillet 2011.

Cela en dit long sur la très faible crédibilité des plans d’assainissement

des finances publiques mis en œuvre, en France.

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 2002 2011

 

On observe enfin, sur ce dernier graphique, que le problème qui se pose à la France (à l’Etat français) est vraiment nouveau. Ce n’était pas le cas jusqu’en 2011.

La crise de l’endettement public atteint la France en 2011 et nul ne peut plus l’ignorer.

La consolidation de nos finances publiques n’est plus seulement un impératif, c’est également une urgence.

Pourtant, les investisseurs comprennent très rationnellement que ces plans seront inefficaces dans la durée car on ne peut réduire durablement les déficits budgétaires et la dette publique en tuant dans l’œuf la croissance effective et potentielle, qui pointent péniblement le bout du nez.

 

La perte du AAA est pour très bientôt !

 La perte du « AAA »,  Triple A, va arriver inéluctablement car elle est anticipée par les marchés et intégrée dans leurs anticipations.

La conséquence sera un creusement supplémentaire du spread et un cout d’emprunt plus élevé pour l’Etat français et … les autres agents de l’économie !

 Finalement, il deviendra encore plus difficile, douloureux, de réduire les déficits budgétaires et la dette publique en France. Une mauvaise stratégie à court terme a des effets durablement négatifs. 

 Risque de crédit : risque de défaut et risque de signature

 Pour être un peu plus précis, toute dette publique implique l’existence d’un risque de crédit pour le créancier, pour le détenteur du titre de dette souveraine.

Le risque de crédit englobe le risque de défaut et le risque de signature.

Pour un  investisseur qui va détenir le titre jusqu’à son terme, il y a risque de défaut quand il existe une probabilité non nulle que le capital emprunté et/ou les intérêts ne soient que partiellement ou pas du tout remboursés.

 De plus, pour un  investisseur qui ne va pas détenir le titre jusqu’à son terme, qui va le revendre, il y a le risque de signature.

Il s’agit du risque de diminution de la valeur de marché du titre lié principalement à l’accroissement de la probabilité d’une défaillance ultérieure du débiteur.

Si les détenteurs du titre sont collectivement incités à vendre le titre qu’ils ont en portefeuille, son cours baisse brutalement et le taux d’intérêt exigé monte !

 Autrement dit, une dégradation de la signature de l’émetteur et donc une hausse du risque de signature, se traduit par une hausse du spread pour le débiteur (emprunteur) considéré.

 En effet, en cas de risque de signature accru, les investisseurs vont exiger une majoration (prime de risque) du taux d’intérêt de marché sur les titres concernés, par rapport au titre de référence.

Le spread augmente donc !

 

 Spread de signature  et notation (rating)

 Enfin, il existe une interdépendance entre le spread associé au titre et le rating (la notation) de ce titre par les agences de notation (rating) Standard & Poor's, Fitch Ratings,  Moody's.

 Le spread sera d’autant plus grand (pour une durée identique) que le rating de l’émetteur (emprunter) sera bas. Réciproquement, la hausse du spread, qui reflète les anticipations des investisseurs, s’accompagnera d’une dégradation de la notation du titre et de son émetteur.

 On comprend donc pourquoi, la hausse des spreads sur les titres d’Etat français annonce la dégradation de la note souveraine de la France, la perte du « AAA », le fameux triple A.

 

 Le compte à rebours a déjà commencé …

 

 A consulter

 

 Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

Moody's - credit ratings, research, tools and analysis for the global ...

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

Il faut lire le Rapport COTIS - CHAMPSAUR sur la Dette Publique

Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro ? … Avis sur les propositions de Jacques ATTALI

 

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?

 

Colloque « La Dette Publique et les Générations Futures » au Cercle Républicain, le 18 octobre 2011

Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

 

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Crise de la Zone Euro : « Le FESF proche de la transformation »

Zone Euro : « le politique a constamment un temps de retard »

 

Le Fond européen de stabilité financière, FESF, raconté aux enfants : FESF, MESF, …, MSE

« Le pari risqué de l’Europe » par Charles WYPLOSZ 13 Mai 2010

Quelle Soutenabilité pour les finances publiques de la Grèce ?

 

« La Grèce : une tragédie européenne », par Jean-Paul Fitoussi

 

« DE LA CRISE FINANCIÈRE À LA CRISE ÉCONOMIQUE »

 

Published by David Mourey - dans Finances publiques
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