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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
Débats Publics
Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

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Des Initiatives de David MOUREY

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 09:58

Mesure ciblée sur le marché du travail :

Un nouveau contrat aidé pour les moins de 30 ans

Emploi des jeunes : la bonne idée cachée du gouvernement


Un nouveau contrat aidé pour les moins de 30 ans vient d’être lancé, avec une publicité minimale. Il est réservé aux entreprises, là où ce genre de dispositif est le plus efficace

Selon Olivier Auguste, Journaliste à L'Opinion

A voir ...

http://www.lopinion.fr/19-avril-2015/emploi-jeunes-bonne-idee-cachee-gouvernement-23451

Published by David Mourey - dans Emploi et chômage
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:09

Le Centre d’analyse stratégique

 vient de publier la

Note d’analyse 200 :

« Les secteurs créateurs d’emplois à court-moyen terme

après la crise »

Un document très instructif, à lire sans hésiter et sans attendre.

 

Au sommaire :

  Secteurs porteurs d’emplois : les grandes tendances de moyen/long terme
  Les secteurs dans la crise
  Une reprise avec ou sans emploi ?
  Projections sectorielles d’emploi (emplois permanents) à 2015

 

Dans le contexte de l’après-crise, les interrogations sur le risque d’une reprise de la croissance peu riche en emplois ont été nombreuses et demeurent réelles malgré les premiers signes positifs sur le front de l’emploi et du chômage.

Toutefois, il convient de bien distinguer les créations d’emplois agrégées au niveau de l’ensemble de l’économie de celles considérées secteurs par secteurs, qui appellent à des diagnostics et des politiques sans doute différents.

« Les secteurs créateurs d’emplois à court-moyen termeCette note présente les résultats d’un travail de prévision sur les secteurs amenés à créer des emplois à un horizon de court/moyen terme, réalisé par le Centre d’analyse stratégique.

Le travail réalisé permet d’abord de rappeler les grandes tendances constatées avant la crise, s’agissant des secteurs identifiés comme porteurs d’emplois (secteurs fortement technologiques, secteurs haut de gamme, secteurs de proximité à la demande finale).

L’analyse des évolutions sectorielles de l’emploi pendant la crise montre que la hiérarchie des secteurs porteurs en emploi n’a pas été modifiée par celle-ci et que les dynamiques endogènes se sont maintenues.

Concernant les secteurs exposés à la concurrence internationale, le choc de 2008 n’a pas entamé les avantages comparatifs de la France, l’activité industrielle ayant rebondi à la faveur de la reprise du commerce international à la fin de l’année 2009, tandis que les secteurs de services ayant le plus contribué à la croissance de l’emploi depuis le début des années 2000 devraient maintenir leur tendance à la hausse durant la phase de reprise.

C’est donc plus le niveau que la structure qui pose question, avec la crainte exprimée par beaucoup d’une reprise faible en emplois, notamment du fait de la relative bonne tenue de l’emploi pendant la crise par rapport aux prévisions initiales face à l’ampleur du choc conjoncturel. Toutefois, même dans un scénario prudent s’agissant de la reprise de l’emploi global, l’étude menée met en évidence de forts potentiels de création d’emplois, dès les prochaines années, dans un certain nombre de secteurs identifiés.

 

Télécharger la Note d’analyse 200 - Les secteurs créateurs d’emplois à court-moyen terme après la crise

 

Published by David Mourey - dans Emploi et chômage
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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 11:16

Des voix s’élèvent pour revendiquer davantage de « partage du travail » pour lutter contre le chômage et favoriser le développement durable par le ralentissement de la croissance ou même la décroissance.

 

Quelle curieuse idée, dont l'éfficacité est démentie de surcroit par les faits !

 

 Aujourd’hui, c’est en lien avec la réforme des retraites que l’idée du partage du travail comme solution aux problèmes  d’emploi d’une partie de la population en âge de travailler est de retour dans le débat économique.

Mais d’autres circonstances économiques devraient se traduire par un partage du travail car, l’emploi étant une denrée rare, pour que tous ceux qui sont en âge de travailler en occupent un, il faut partager  l’emploi global entre un nombre plus grands d’individus

 

Partager le travail, cela signifie concrètement que :

 

-  Les vieux qui travaillent plus longtemps, c’est moins d’emplois et plus de chômage pour les jeunes.

-  Les femmes qui travaillent c’est moins d’emplois et plus de chômage pour les hommes.

-  Les immigrés-étrangers qui travaillent c’est moins d’emplois et plus de chômage pour les français.

-  Les plus qualifiés qui travaillent c’est moins d’emplois et plus de chômage pour les moins qualifiés.

 

Donc, dans ces conditions :

-  Pour réduire le chômage des uns, il faut réduire le temps de travail des autres.

-  Pour réduire le chômage des « jeunes », il ne faut pas faire travailler les « vieux » plus longtemps.

-  Pour réduire le chômage le chômage des femmes, il faut que les hommes acceptent de partager.

-  Pour réduire le chômage des hommes, il faut renvoyer les femmes au foyer.

-  Pour réduire le chômage des immigrés, il faut que les français partagent.

-  Pour réduire le chômage des français, il faut renvoyer les immigrés chez eux.

-  Pour réduire le chômage des moins qualifiés, il faut que les qualifiés  partagent.

-  Pour réduire le chômage des moins qualifiés, il faut les renvoyer chez eux.

 

NB : je sais bien que « immigrés » et « étrangers » sont des réalités qui désignent des phénomènes qui ne sont se recouvrent pas complètement.

 

Toutes ces affirmations semblent frapper du sceau du bon sens, pourtant elles ne tiennent pas la route car il y a souvent un abîme en économie entre le "bon sens" courant et la réalité économique parfois beaucoup moins intuitive mais bien mieux vérifiée par les observations statistiques d’une population dans le long terme.

 

Pourquoi donc le travail, au sens de l’emploi, ne se partage pas ?

 

Tous simplement parce que l’emploi des uns, bien loin de détruire l’emploi des autres, en favorise l’essor. 

L’emploi global n’est pas un gâteau de taille fixe, un nombre de poste ou un nombre d’heure donné, qu’il convient de partager en un plus grand nombre de parts pour chacun en ait une part.

C’est comme si d’une année à l’autre, la taille de mon gâteau d’anniversaire restait inchangée alors que le nombre de mes amis invités à le partager augmente. Je crois qu’à la longue, le cout d’opportunité pour mes amis d’être présent augmenterait.

Déjà, si on regarde les évolutions statistiques à très long terme, on voit qu’avec l’augmentation de la taille d’une population en âge de travailler sous l’effet de la multiplication des naissances ou sous l’impact d’une vague d’immigration, la population en âge de travailler augmente aussi.

Ipso facto, la population active (une partie de la population en âge de travailler) croît.

Si l’emploi augmente au moins aussi vite que la population active, alors le nombre de personnes occupées par un emploi augmente et le nombre de personnes au chômage diminue. C’est bien ce que l’on observe dans tous les pays qui se développent depuis deux sicles.

Voir le cas de la France dans ce tableau.

La population totale augmente, la population en âge de travailler augmente et l’emploi augmente aussi.

 Ce qui fait que le chômage augmente, c’est l’insuffisante croissance de l’emploi relativement à celle de la population active (qui occupe un emploi ou qui est sans emploi mais en cherche activement un – personnes au chômage).

On comprend bien que, globalement, sous les effets démographiques présentés, l’emploi se développe.

Donc l’emploi des nouveaux venus ne se fait pas au détriment de ceux qui étaient déjà présents.

De nouveaux emplois se créent pour absorber cet afflux de main d’œuvre nouvellement disponible.

 

  Évolution de la structure de la population active française occupée par secteurs

 

Dates

(début         d'année)

 

Population active occupée

(milliers)

Secteur   primaire       (milliers)

 

Secteur secondaire

(milliers)

 

Secteur

tertiaire

(milliers)

 

Secteur   primaire       (%)

 

Secteur secondaire

(%)

 

Secteur

tertiaire

(%)

 

1806

12 871

8 379

2 623

1 869

65,1

20,4

14,5

1851

16 663

9 306

4 350

3 007

55,8

26,1

18,1

1896

19 050

8 181

5 926

4 943

42,9

31,1

26,0

1921

19 469

7 214

6 406

5 849

37,1

32,9

30,0

1955

19 354

5 044

6 640

7 670

26,1

34,3

39,6

1962

19 659

3 952

7 105

8 602

20,1

36,1

43,8

1968

20 266

3 160

7 589

9 517

15,6

37,4

47,0

1974

21 561

2 291

8 292

10 978

10,6

38,5

50,9

1980

21 889

1 887

7 697

12 305

8,6

35,2

56,2

1985

21 389

1 603

6 767

13 019

7,5

31,6

60,9

1990

22 233

1 251

6 692

14 290

5,6

30,1

64,3

0. MARCHAND et C. THÉLOT, Deux siècles de travail en France, INSEE, 1991 et recensement 1990.

 

Comment expliquer que plus de main d’œuvre disponible s’accompagne globalement

de plus d’emploi, plus d’heures de travail  au niveau global ?

 

C’est le résultat du processus de destruction créatrice qui est un processus permanent d’innovation et qui va co-déterminer les processus de croissance économique (augmentation soutenue et durable de la production globale de l’économie) et de croissance de l’emploi.

C’est également la capacité de l’économie à fournir à cette nouvelle main d’œuvre le capital nécessaire et suffisant à son emploi c'est-à-dire à lui donner la possibilité de participer à la production du gâteau global de biens et services destinés à satisfaire les besoins de tous, le gâteau PIB, qui va déterminer la croissance de l’emploi et celle de l’économie.

Chaque fois qu’une entreprise se développe, elle doit investir pour pouvoir embaucher (et réciproquement), une fois que le taux d’utilisation de ses capacités de production atteint son maximum. L’interdépendance entre les deux facteurs de production permet de comprendre ce phénomène d’accroissement quasi simultané de l'embauche et de l'investissement.

A long terme, l’emploi et la production augmentent bien sous l’effet de la croissance de la population totale, de la population en âge de travailler, de la population active ; et l’emploi des nouveaux venus s’ajoute à celui des anciens déjà présents.

Dans ces conditions, plus de travail pour les vieux, les femmes, les immigrés, ne peut se traduire par moins de travail pour les jeunes, les hommes, les français.

 

Et les gains de productivité alors ?

 

Certes, rétorquerons les tenants du partage du travail, mais les gains de productivité obtenus grâce à l’investissement et à l’innovation permettent de produire plus en moins de temps. Ils permettent donc de réduire le temps de travail par personne occupée (en âge de travailler) car chacune produit plus en moins de temps. Cela doit donc permettre de favoriser l’embauche d’un plus grand nombre de personnes par la baisse de la durée de travail par travailleur.

 En effet sous l’effet de la hausse de la productivité horaire, on observe bien à long terme (plusieurs siècles, et décennies) une forte baisse du temps de travail par personne occupée.

Mais dans ce cas, il ne faut pas se tromper sur le sens de la causalité. Ici, c’est la croissance de la productivité qui permet sur la longue durée de réduire la durée du travail par emploi.

De surcroit, simultanément, cette hausse de la productivité s’accompagne d’une hausse du pouvoir d’achat de la demande (sous le double effet de la hausse des salaires et de la baisse des prix) et d’une hausse de la capacité d’offre (sous le double effet de la baisse des couts unitaires et de la hausse de profits).

Il en découle donc une croissance simultanée de la production et de l’emploi. Les gains de productivité horaire on certes augmenté, la durée du travail par tête est plus faible, mais comme il a fallu répondre à une hausse de la demande, il a été nécessaire d’embaucher davantage, ce qui permet d’absorber davantage d’actifs, de fournir un emploi à plus de personnes actives.

 

Ne pas se tromper sur le sens de la causalité

 

On en déduit qu’il n y a rien du tout de comparable avec l’enchainement de causalité relatif à la RTT, au sens des 35 heures en France. Dans ce cas, le passage aux 35 heures (la RTT) n’est pas une conséquence des gains de productivité à long terme, mais un moyen supposé d’augmenter le nombre d’emplois en partageant l’insuffisance du nombre d’heure de travail disponible. L’hypothèse est que le nombre d’heure est donné et que pour faire travailler davantage de monde, il faut réduire lé durée du travail par tête. Une baisse du nombre de chômeur en résultera.

   

Cette vision malthusienne de l’emploi consiste tout simplement à se résigner,

à partager la pénurie. 

 

Certes, la RTT (35 heures) a permis d’obtenir de faibles gains de productivité liés à la nécessité pour les entreprises de réorganiser le travail de leurs salariés pour réduire le cout du passage de 39 h à 35 h. Mais, bien évidemment, cela n’a pas permis d’inscrire la courbe des créations d’emplois sur une tendance durable à la hausse et celle du nombre de chômeurs sur une tendance durable à la baisse.

 

L’emploi et les revenus des uns, encore une fois, ne se créent pas

au détriment de ceux des autres.

 

Le partage du travail, sous toutes ses formes, comme solution aux diverses difficultés d’emploi de populations  différentes, n’est pas efficace à long terme. On peut admettre que transitoirement, à court terme, cela peut favoriser l’emploi, mais ce n’est qu’un pis-aller, et une chimère à long terme.

A long terme, du fait des dizaines de milliers de créations et destructions quotidiennes d’emplois, d’activités, d’entreprises, en raison du progrès technique, des innovations, c’est de notre capacité de création de nouveaux emplois, de nouvelles activités, de nouvelles entreprises, que dépend la création nette d’emploi.

Si cette création nette est positive, cela veut dire qu’on crée plus qu’on ne détruit et le chômage baisse, les taux d’emploi et d’activité augmentent.

Si cette création nette est négative, cela veut dire qu’on crée moins qu’on ne détruit et le chômage augmente, les taux d’emploi et d’activité diminuent.

De surcroit, en raison de ce processus de destruction créatrice source de progrès (même s’il posent des problèmes environnementaux … car rien n’est complètement positif), il est tout à fait logique qu’à court terme, l’emploi des uns se crée au détriment de lui des autres, emplois frappés par l’obsolescence.

Pourtant, il ne faut pas se tromper de diagnostic et de médication. La meilleure chose à faire à court et à long terme, n’est pas de défendre des activités et des emplois condamnés à disparaitre inéluctablement mais plutôt de mettre en place un accompagnement des nouveaux chômeurs vers des formations et des emplois d’avenir.

 

Processus de destruction créatrice et appariement sur le marché du travail

 

Défendre des emplois et des activités obsolètes a un cout définitif, c’est une perte nette pour l’économie et la société.  Il en est de même lorsqu’on cherche à partager le travail parce que des emplois disparaissent inévitablement.  

En revanche, favoriser l’émergence et le développement des emplois d’avenir en accompagnant les personnes concernées a un cout qui peut se traduire in fine par un gain net. Ce qui est tout à fait différent et qui permet de faire croitre l’emploi sans le partager inutilement et inefficacement.

 

Mutatis mutandis, un marché du travil dynamique perte de résoudre les problèmes d'emploi sans partager le travail. 

 

C’est bien la question de l’appariement qui est posée ici, c'est-à-dire celle de la meilleure combinaison entre qualifications et compétences exigées par un poste à pourvoir et qualifications et compétences de celui ou celle qui postule pour un emploi.

Cette question du processus d’appariement a été étudiée par les trois économistes qui ont reçu le Prix Nobel d’économie en cette fin d’année 2010.

 

A suivre …

 

A consulter

 

Reforme des retraites, chômage des jeunes et Nobel d’Economie

Appariements sur le marché du travail

« Prix Nobel d’Economie 2010 » pour Peter DIAMOND, Dale MORTENSEN et Christopher PISSARIDES

Conférence de Pierre CAHUC

Une nouvelle estimation des flux d'emploi et de main-d'oeuvre en France

Le « retour » de la « Politique économique », seconde édition, 2009

La discrète dégradation du débat économique

Travail, Emploi et Chômage 1/4

Travail, Emploi et Chômage 2/4

Travail, Emploi et Chômage 3/4

Travail, Emploi et Chômage 4/4

Le plein emploi 1/2

Le plein emploi 2/2

 

Published by David Mourey - dans Emploi et chômage
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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:35

Un petit commentaire sur une contrevérité qui alimente les discussions sur les effets de l’allongement de la durée de cotisation et le report de l’âge de départ à la retraite.

De nombreuses voix s’élèvent pour affirmer que faire travailler les »vieux » plus longtemps va nuire à l’emploi des « jeunes ».

 

Les dangers du « bon sens » en économie

 

Ce type d’affirmation n’a aucun fondement et il est assez facile d’en démontrer le ridicule.

 

1 - Au début des années 80, le gouvernement en place réagit à la hausse rapide du chômage par la mise en place des départs à la retraite anticipés, les préretraites.

L’idée est qu’en incitant les « vieux » à partir plus tôt, les « jeunes » trouveront un emploi plus facilement et le chômage baissera.

Résultat : la croissance du chômage n’a pas cessé et le chômage est devenu massif.

 

2 – A la fin des années 90, le gouvernement Jospin-Aubry met en place les 35 heures en faisant le même type de raisonnement !

Résultat : la contribution de la RTT (réduction du temps de travail) à la hausse de l’emploi et à la baisse du chômage est plus que controversée et on admet que même pas ¼ des emplois crées l’ont été par les 35 heures. Le problème est qu’à long terme, il est également admis que le cout de cette mesure pèse sur l’emploi et le chômage.

 

3 – Aujourd’hui, sur la base d’un raisonnement analogue, certains commentateurs affirment à nouveau que l’emploi des uns menace l’emploi des autres. Si les « vieux » travaillent plus longtemps, alors les « jeunes » seront plus nombreux au chômage.

Donc, si on refuse d’allonger la durée du travail des « vieux », alors, le chômage des « jeunes » n’augmentera pas, voire il baissera.

 

Trois raisonnements  identiques mais Faux !

 

L’emploi total n’est pas un gâteau, dont la taille globale est donnée, qui se partage

 

Dans les trois cas, l’hypothèse implicite est qu’il existe un nombre d’emploi, donné, qu’il convient de partager entre un nombre d’actif donné.

Pour une durée du travail par individu, donnée, si le nombre d’actifs (personne qui occupe un emploi ou qui est sans emploi et en cherche un) augmente plus vite que le nombre d’emplois, alors, il convient de donner l’emploi aux uns (aux jeunes comme au début des 80ies) en incitant les autres (vieux) à entrer plus vite en inactivité (partir plutôt à la retraite). Dans ces conditions, le chômage ne devrait pas augmenter.

Une autre possibilité est celle sur laquelle repose la RTT. Pour réduire le chômage, compte tenu d’un nombre d’heures de travail donné, il suffit de réduire la durée de travail par individu pour que ceux qui occupent un emploi soient plus nombreux. Dans ces conditions, le chômage ne devrait pas augmenter et rester durablement plus bas.

 A court terme, cela peut fonctionner un peu ...  A long terme, c’est sans effet favorable, voire les effets sont pervers.

 

Pourquoi ne peut-on pas partager l’emploi ?

 

Pierre Cahuc et André Zylberberg ont très clairement expliqué ce point dans leur ouvrage « Le Chômage, nécessité ou fatalité » publié en 2004.

CAhuc Zylberberg Le chômage, fatalité ou nécessitéDans le chapitre 2, « Le travail ne se partage pas », les auteurs s’appuient sur de très nombreuses observations (des données empiriques nombreuses) pour montrer que ces raisonnements sont des leurres, des arguments fallacieux (destinés à tromper la compréhension).

 

L’immigration n’est pas un facteur de chômage

 

Ils montrent, par exemple, que l’immigration n’est pas un facteur de chômage. Pourtant, via l’immigration, l’emploi des uns serait menacé par celui des autres…. Si l’on suit les mêmes raisonnements. Ainsi, preuves empiriques à l’appui, dans une société suffisamment réactive, augmenter le nombre de bras ne conduit pas à la hausse du chômage et diminuer le nombre de bras ne conduit pas à la baisse du chômage.

Par exemple, en 1962, le retour en France de centaines de milliers de  rapatriés d’Algérie en âge de travailler  ne s’est pas traduit par une hausse significative du chômage, bien au contraire. En 1962, 900 000 rapatriés d’Algérie en âge de travailler se sont installés pour l’essentiel dans le sud de la France. 

L’analyse de l’impact sur le marché du travail des migrations  contredit l’idée selon laquelle l’économie d’un pays, et a fortiori l’économie mondiale, dispose d’un nombre fixe d’emplois (et d’heures de travail) et que ces emplois doivent être partagés ente ceux qui cherchent à travailler afin de réduire le chômage. Au contraire, c’est la hausse de la population en âge de travailler qui va provoquer la hausse de la population active et celle de l’emploi. L’emploi est bien le fruit d’une recomposition permanente et massive de l’appareil productif induite par le processus de destruction créatrice (PDC).

Aux Etats-Unis, en 1990, David Card a analysé le cas de l’exode Mariel entre avril et mai 1980. Lorsque Fidel Castro à permis l’ouverture du port Mariel, environ 125 000 cubains ont quitté le pays pour rejoindre notamment Miami dont la population active a augmenté de 7%. Et entre avril et juillet 1980, le taux de chômage de Miami passe de 5% à 7,1%. David Card a comparé le contexte réel de Miami à une situation témoin, celle de villee aux caractéristiques économiques et démographiques proches (Atlanta, Los Angeles, Houston..), reproduisant le contexte réel sans l’élément perturbateur, l’exode Mariel.  David Card a donc pu comparer les évolutions moyennes du chômage et des salaires dans ces différentes villes et il en a conclu que la vague d’immigration fut sans effet significatif sur les salaires et l’emploi à Miami relativement aux situations témoins.

Certes, Pierre Cahuc, insiste dans une note de bas de page sur la marge d’incertitude qui affecte ce type d’analyse mais l’enseignement n’en est pas moins réel. L’afflux de migrants n’est pas un facteur puissant de chômage.

 

La réduction du temps de travail, l’emploi et le chômage

 

A la fin des années 1970, la réduction du temps de travail a pour objectif le partage de l’emploi existant entre un nombre plus élevé de bras afin de faire baisser le chômage. En France les Lois Robien en 1996 et Aubry en 1998 et 2000 répondent à cet objectif.

Dans un monde ou le niveau de production serait une donnée intangible, il faudrait un nombre fixe d’heures de travail pour permettre cette production. Dans un tel monde, le partage du travail et d’autant plus efficace que les travailleurs le sont moins, peu productifs, ils doivent être plus nombreux. Donc, moins ils sont productifs, plus cela permet d’embaucher les chômeurs.

Mais en vertu du processus de destruction créatrice, PDC, l’appareil productif est en perpétuelle mutation et l’emploi se redéploie en permanence entre les entreprise et les secteurs en fonction de leur compétitivité respectives. Dans ces conditions, les effets de la RTT sur l’emploi et le chômage dépendent des ses effets sur la compétitivité des entreprises et de leur capacité d’adaptation à ce nouvel environnement institutionnel. Pour ces raisons, les lois Robien et Aubry intègrent des dispositifs de baisse de cotisations sociales aux entreprises qui pratiquent la RTT.

Les analyses, de Jennifer Hunt, des conséquences de la RTT négociée par branches en Allemagne entre 1984 et 1994 concluent que le niveau d’emploi, et les salaires mensuels ont été stables. La RTT n’a pas contribué à la baisse du chômage. En France l’étude de la RTT de 1982, le passage des 40 heures hebdomadaires au 39 heures avec maintien du salaire, par Crépon et Kramarz, ne met en évidence aucun impact positif sur l’emploi, même à court terme.

L’évaluation des effets des lois Aubry qui mélangeaient RTT, réduction des cotisations sociales et horaires flexibles est fort délicate. Le chiffre de 350 000 emplois crée par le passage aux 35 heures est contestable dans la mesure ou celui-ci s’est accompagné de mesures de réduction de cotisations…  Donc à quoi imputer les créations d’emplois ?

 

En conclusion, croire qu’il suffirait de limiter l’immigration, de réduire la population active ou de partager le travail par les RTT, pour accroître l’emploi et réduire le chômage est une erreur.

 

La vérité est ailleurs…

 

PDC, croissance économie, emploi et chômage

 

C’est le processus de destruction créatrice qui va déterminer la croissance et l’emploi, donc le chômage. Les emplois sont fragiles dans la mesure ou ils s’inscrivent dans la dynamique d’un PDC, processus de destruction créatrice. Ce type de mesure de partage de l’emploi n’est pas susceptible d’améliorer l’efficacité de ce processus et donc la croissance économique et les niveaux de vie.

Le marché du travail est un marché dynamique, en recomposition permanente sous l’effet du PDC, c'est-à-dire des destructions et créations d’emplois, des réallocations d’emplois, des réallocations de main d’œuvre, …

Pour en savoir davantage sur le caractère dynamique du marché du travail, je vous renvoie à un texte simple ici : Appariements sur le marché du travail

 

Ampleur des destructions et créations d’emploi

 

Voir aussi Le « retour » de la « Politique économique », seconde édition, 2009 pour ce qui suit :

Politique--conomique-2009-Benassy-Quere.gifChaque année, en moyenne dans les pays développés, 1 emploi sur 7 est détruit et 1 emploi sur 7 est crée. Au cours d’une année donnée, dans le cadre d’un vaste processus de réallocation des emplois, et quelque soit la croissance économique, le taux de création nette d’emplois (taux de création d’emplois -  taux de destruction d’emplois) est d’un ordre de grandeur inférieur au taux de création et au taux de destruction. Le taux de création nette d’emplois mesuré par le taux de croissance de l’emploi sur un an,  est d’environ 10% en moyenne.

Le taux de  réallocation d’emplois (taux de création d’emplois +  taux de destruction d’emplois) est d’environ 20% en moyenne.

Mais ces chiffres, sont observés au niveau des entreprises en fin d'année. Ils masquent des mouvements plus importants encore de création et destruction en cours d'année, au sein des établissements et au niveau des postes de travail. En outre, ce sont des flux d'emplois et non des flux de main-d'œuvre. La création nette d'emplois sur l'année, grandeur pertinente au niveau macroéconomique, n'est que la résultante de ce grand brassage.

Le « déversement » de la force de travail des secteurs en déclin vers les secteurs en pointe est très lent, en comparaison des flux de création et de destruction d'emplois (Pour en savoir plus sur les créations et destructions d'emplois, voir Cahuc et Zylberberg (« Le Chômage, nécessité ou fatalité », 2004), chapitre 1.). L'évolution du chômage est évidemment liée à la différence entre créations et destructions d'emplois, mais elle n'en dépend pas principalement. En effet, les destructions d'emplois ne constituent qu'une faible part des flux d'entrée dans le chômage, qui sont dominés par l'entrée des nouvelles générations dans la vie active. De même, les flux de sortie du chômage ne correspondent pas uniquement à des créations d'emplois, mais aussi à une meilleure adéquation des chômeurs aux postes vacants, et au passage à l'inactivité (retraite, abandon de la recherche d'emploi).

 

L'appariement entre offre et demande de travail

 

Le bon fonctionnement du marché du travail ne se mesure pas seulement au taux de chômage mais aussi à sa capacité à assurer l'appariement des offres et des demandes d'emploi.

Pour apprécier cette capacité, on observe la relation entre le taux de chômage, qui mesure les demandes d'emploi non satisfaites, et le taux d'emplois vacants, qui mesure les offres d'emplois non satisfaites, exprimés tous deux en pourcentage de la population active (courbe de Beveridge).

Dans le cadre des modèles d’appariement entre offre et demande de travail, le nombre de chômeurs et le taux de chômage, ne sont plus seulement considérés comme des variables de stock. Cette approche permet de comprendre que le chômage résulte de l'accumulation de flux d'individus qui perdent leur emploi sans retrouver un autre emploi.  Il existe un processus d’appariement entre ces flux d’offre et ces flux de demande de travail, et une petite différence entre les deux flux est susceptible d'avoir un impact important sur le chômage, d'où l'utilité d'expliquer les flux et non directement le stock.

Le modèle d'appariement enrichit donc notablement la représentation du marché du travail. Il intègre les déterminants traditionnels du chômage et offre un cadre d'analyse des effets de politiques touchant à l'accompagnement des chômeurs, ou à la protection de l'emploi. Il constitue ainsi, de plus en plus, le cadre de référence des analyses modernes du marché du travail.

 

Prix Nobel d’Economie 2010 et processus d’appariement sur le marché du travail

 

Les travaux des prix Nobel d’Economie 2010, (« Prix Nobel d’Economie 2010 » pour Peter DIAMOND, Dale MORTENSEN et Christopher PISSARIDES), en termes d’appariements sur le marché du travail insistent sur l’existence de frictions sur le marché du travail et donc la coexistence de chômeurs et d’emplois vacants.

Ce processus d’appariement, ou matching, est soumis au PDC (processus de destruction créatrice porté par l’innovation).

On en déduit, que l’hétérogénéité et la variabilité du travail et de l’emploi rendent ce matching très complexe.

Dans ces conditions, penser et affirmer que l’emploi des uns (« vieux ») est une menace pour celui des autres (« jeunes), ou encore que la sortie de l’emploi des uns (« vieux) va libérer des places pour embaucher les autres (« jeunes ») est au mieux une méconnaissance, au pire un mensonge et une stupidité.

 

Incompréhension du fonctionnement du marché du travail et réforme des retraites

 

Pourtant, à l’aune d’un tel pseudo argument, des centaines de milliers de jeunes sont incités à aller dans la rue pour dénoncer une mesure phare de la réforme des retraites.

Il ne s’agit aucunement ici de défendre cette réforme (tel n’est pas l’objet), mais simplement de montrer que le « bon sens » conduit souvent à dire et à faire n’importe quoi …

 

A consulter :

 

Appariements sur le marché du travail

Conférence de Pierre CAHUC

Une nouvelle estimation des flux d'emploi et de main-d'oeuvre en France

Le « retour » de la « Politique économique », seconde édition, 2009

La discrète dégradation du débat économique

Travail, Emploi et Chômage 1/4

Travail, Emploi et Chômage 2/4

Travail, Emploi et Chômage 3/4

Travail, Emploi et Chômage 4/4

Le plein emploi 1/2

Le plein emploi 2/2

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 07:11

Le Conseil d’analyse économique, CAE, vient de publier un rapport sur "les mobilités des salariés". Ce rapport a été préparé et présenté par Mathilde Lemoine et Étienne Wasmer.

Deux jeunes économistes très respectés par leurs pairs et que j’ai eu l’honneur de recevoir lorss de deux colloques en 2008 et 2009.

Mathilde LEMOINE

lors d’un colloque au Palais du Luxembourg (Sénat), le 13 février 2009. Mathilde Lemoine 13 02 2009

Etienne WASMER

lors d’un colloque au Palais du Luxembourg (Sénat), le 21 avril 2008.  Etienne Wasmer 21 04 2008 

Les différentes formes de mobilité des salariés, professionnelle, sectorielle, géographique,  sont à relier à la thématique de la flexicurité.

 

« La flexisécurité vise à combiner plus de flexibilité pour les entreprises dans la gestion des emplois et une sécurisation accrue des parcours individuels des salariés.

Ce rapport montre, chiffres à l’appui, que la flexibilité des emplois s’est développée de façon significative en France depuis quelques années.

En revanche, subsiste une insuffisante mobilité des salariés français, mobilité envisagée dans ses différentes composantes : professionnelle, sectorielle, géographique. Le rapport propose des mesures pour développer les mobilités choisies et renforcer les compétences générales plutôt que les compétences spécifiques des salariés. On notera en particulier l’idée d’un système de bonus/malus sur les cotisations d’assurance-chômage, des mesures concernant le logement pour encourager la mobilité géographique, et un ensemble de recommandations destinées à inciter les entreprises et leurs salariés à recourir davantage à la formation professionnelle. »

Ce rapport a été discuté en présence de Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’emploi, le 5 mai 2010.

Télécharger le rapport

Télécharger le résumé  

Une vidéo sur la flexicurité

 

Voir également cette vidéo de 5 mn ou je tente de présenter simplement

les principes de la flexicurité à partir d’un texte de Pierre CAHUC.

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 14:16


Selon l'Insee on peut observer une nouvelle hausse du taux de chômageau T4 2009.
 

Nous avons vu ici les dernières statistiques du chômage selon Pôle Emploi :

Nombre de chômeurs (?) selon Pôle Emploi en janvier 2010

 

La Dares et Pôle emploi proposent chaque mois une mesure du nombre de chomeurs à partir du nombre de demandeurs d'emplois. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégorie A s’établit à 2 664 600 en France métropolitaine fin janvier 2010.

 

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C s’établit à 3 865 100 en France métropolitaine fin janvier 2010 (4 103 100 en France y compris Dom).

 

En décembre 2009, pour la France métropolitaine, il y avait 2 645,1 milliers de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi et 3 849,2 milliers de demandeurs d’emploi de catégorie A, B et C inscrits à Pôle emploi.

 

Comme indiqué dans ce précédent billet, les données présentées concernent les demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi. La notion de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est une notion différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) : certains demandeurs d’emploi ne sont pas chômeurs au sens du BIT et certains chômeurs au sens du BIT ne sont pas inscrits à Pôle emploi.

 

L’INSEE mesure les chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT).

Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne en âge de travailler (conventionnellement 15 ans ou plus) qui

    1°) n’a pas travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine de référence,

    2°) est disponible pour travailler dans les deux semaines

    3°) a entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent, ou a trouvé un emploi qui commence dans les 3 mois.

 

Cela donne pour décembre 2009, en France métropolitaine, 2 727 milliers de chômeurs Insee-BIT. A comparer avec les 2645,1 milliers demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits à Pôle emploi à la même période.


L’écart est faible mais il ne s’agit pas exactement de la même population.

 

D’un coté, nous avons une mesure administrative du chômage, celle de Pôle Emploi, et de l’autre une mesure statistique du chômage proposée par l’Insee à partir d’une enquête emploi.

L’enquête Emploi en continu est une enquête auprès des ménages, portant sur toutes les personnes de 15 ans et plus vivant en France métropolitaine. C’est une enquête trimestrielle dont la collecte a lieu en continu sur toutes les semaines de chaque trimestre.

http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind14/method_idconj_14.pdf

 

 

Taux de chômage BIT en France métropolitaine

 

 

Taux de chômage BIT (%)

Variation en points sur

Milliers

 

2009 T3

2009 T4 (p)*

un trimestre

un an

2009 T4 (p)*

Ensemble

9,1

9,6

0,5

1,8

2 727

15-24 ans

23,7

24,0

0,3

3,4

646

25-49 ans

8,2

8,7

0,5

1,7

1 596

50 ans ou plus

6,2

6,7

0,5

1,6

486

Hommes

8,8

9,6

0,8

2,2

1 431

15 à 24 ans

23,9

25,3

1,4

3,9

380

25 à 49 ans

7,5

8,4

0,9

2,3

803

50 ans ou plus

6,2

6,6

0,4

1,7

249

Femmes

9,6

9,6

0,0

1,2

1 297

15 à 24 ans

23,5

22,3

-1,2

2,6

266

25 à 49 ans

8,9

9,0

0,1

1,0

793

50 ans ou plus

6,1

6,7

0,6

1,4

237

 

Données cvs, en moyenne trimestrielle - France métropolitaine

*(p) = provisoire

Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus

Source : Insee, enquête Emploi

 

A consulter :

 

La note de l’Insee

http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=14&date=20100304

 

et  Très forte hausse du chômage dans la Zone Euro : graphiques

 

INSEE : Les chiffres du chômage seront publiés tous les trimestres

 

Le plein emploi 2/2

 

Le plein emploi 1/2

 

Travail, Emploi et Chômage 1/4 : Qu’est-ce que le travail ?

 

Travail, Emploi et Chômage 2/4 : Qu’est-ce que l’emploi ?

 

Travail, Emploi et Chômage 3/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (2/2)

 

Travail, Emploi et Chômage 4/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (1/2)

 

Symbolique et fétichisme des chiffres

 

Urgences sociales et indépendance statistique

 

Tintamarre autour des chiffres du chômage

 

Appariements sur le marché du travail

 

Conférence de Pierre CAHUC

 

Flux d’emploi et de main-d’œuvre en France : un réexamen. Des flux d’emploi revus à la baisse et assez peu liés aux flux de main-d'œuvre,

 C. Picart, Insee, Paris, Document de travail, n° G2007/05, juin, 50 p., (2007).

Matthieu Lemoine

Lettre de L’Ofce, N°286 - 11/06/2007

Chômage: débattre de la mesure  

 

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 10:44

La Dares et Pôle emploi proposent chaque mois une mesure du nombre de chomeurs à partir du nombre de demandeurs d'emplois.
 

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégorie A s’établit à 2 664 600 en France métropolitaine fin janvier 2010.

Ce nombre augmente par rapport à la fin décembre 2009 (+0,7 %, soit +19 500).

Sur un an, il croît de 16,1 %.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories B et C s’établit à 1 200 500 en France métropolitaine fin janvier 2010.

En janvier, le nombre de ceux de catégorie B baisse de 1,1 % (+8,9 % sur un an) et le nombre de ceux de catégorie C est en hausse de 0,3 % (+23,6 % sur un an).

 

Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C s’établit à 3 865 100 en France métropolitaine fin janvier 2010 (4 103 100 en France y compris Dom).

Ce nombre croît de 0,4 % (+15 900) au mois de janvier. Sur un an, il augmente de 16,4 %.

 

Le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégories D et E s’établit à 535 600 en France métropolitaine fin janvier 2010.

En janvier, le nombre de celles inscrites en catégorie D augmente de 4,7 % et le nombre de celles inscrites en catégorie E est en baisse de 1,7 %.

 

DEMANDEURS D'EMPLOI INSCRITS EN FIN DE MOIS A POLE EMPLOISur la nomencalture:  


Les données sur les demandeurs d’emploi sont présentées selon divers regroupements statistiques (catégories A, B, C, D, E).

La plupart des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi sont tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi :

-       certains sont sans emploi (catégorie A),

-       d’autres exercent une activité réduite courte, d’au plus 78 heures au cours du mois (catégorie B),

-       ou une activité réduite longue, de plus de 78 heures au cours du mois (catégorie C).

 

Par ailleurs, certaines personnes inscrites à Pôle emploi ne sont pas tenues de faire des actes positifs de recherche d’emploi :

-       elles sont soit sans emploi et non immédiatement disponibles (catégorie D),

-       soit pourvues d’un emploi (catégorie E). A compter du 1er juin 2009,

 

La mise en oeuvre du revenu de solidarité active (RSA) est susceptible d’affecter sensiblement le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi.

 

De plus amples informations sur les différentes catégories ci-dessous
sont disponibles ici :

 

DARES Pôle emploi

http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-98xs56.pdf

 

Presse : DEMANDEURS D’EMPLOI INSCRITS ET OFFRES COLLECTÉES PAR PÔLE EMPLOI EN JANVIER 2010

http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/Communique-de-presse-98xs56.pdf

 

    Demandeurs d’emploi selon le sexe et l’âge

    Demandeurs d’emploi selon l’ancienneté d’inscription

    Les entrées et sorties de Pôle emploi

    Les offres collectées par Pôle emploi

    Demandeurs d’emploi ayant des droits ouverts au RSA

 

Révision des séries corrigées des variations saisonnières et des effets de jours ouvrables des demandeurs d’emploi inscrits et des offres d’emploi collectées par Pôle emploi

http://www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/Revision_des_series-2.pdf

 

 

Avertissement :

Les données présentées concernent les demandeurs d’emploi inscrits en fin de mois à Pôle emploi.

La notion de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est une notion différente de celle de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) : certains demandeurs d’emploi ne sont pas chômeurs au sens du BIT et certains chômeurs au sens du BIT ne sont pas inscrits à Pôle emploi.

Au-delà des évolutions du marché du travail, différents facteurs peuvent affecter les données relatives aux demandeurs d’emploi : modifications du suivi et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, comportements d’inscription des demandeurs d’emploi…

En particulier, à compter du 1er juin 2009, les dispositions relatives aux nouvelles obligations de recherche d’emploi des bénéficiaires du RSA et à leur accompagnement par le service public de l’emploi sont susceptibles d’accroître sensiblement le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (cf. page 13 et l’encadré 1, pages 17 et 18).

L'ensemble des définitions figurent dans les encadrés 1 et 2, pages 16 à 18 de la publication.

 

Information : La Dares mène chaque année une campagne de réactualisation des coefficients de correction des variations saisonnières (CVS) et des effets des jours ouvrables (CJO). Cette campagne modifie l’ensemble des séries CVS-CJO diffusées sur la période janvier 1996 – décembre 2009.

 

 

Toutes les statistiques sur le chômage de la Dares et Pôle emploi sont là :


Chômage au sens du BIT (INSEE)

 

Le dossier de presse Dares-Pôle emploi

 

   Les indicateurs conjoncturels

   Les séries statistiques

   Les mots du chômage

Les indicateurs conjoncturels

   La dernière publication mensuelle sur les demandeurs d’emploi inscrits et les offres collectées par Pôle emploi : janvier 2010

   La dernière publication trimestrielle sur les sortants des listes des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi : juin 2009

Les séries statistiques

   Les séries mensuelles nationales

   Les séries mensuelles régionales et départementales

   Les séries de l’enquête Sortants

Les mots du chômage

   Le chômage au sens du BIT

   Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi

  Les offres d’emploi collectées et satisfaites à Pôle emploi

  
http://www.travail-solidarite.gouv.fr/etudes-recherche-statistiques-de,76/statistiques,78/chomage,79/

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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 19:21

Conformément à ce qu’on peut observer ici PIB : Croissance nominale et croissance en volume sur l’évolution de la croissance économique, quand la croissance ralentie, et a fortiori quand le PIB baisse, le chômage et le taux de chômage augmente.

 

Quelques graphiques pour observer clairement la hausse du chômage.

 

Observons d’abord les évolutions du taux de chômage des quatre plus grandes économies de la Zone euro par rapport à la moyenne, le taux de chômage de la zone euro.

Le taux de chômage remonte dés début 2007 en Espagne et en Italie, avant donc les premiers symptômes révélés de la crise financière au cours du mois d’aout 2007.  

C’est surtout après la chute de Lehman Brothers, l’historique Banque d’investissement américaine, que la situation économique se dégrade et que le chômage croit rapidement.

 

Le taux de chômage augmente dés mi 2008 en France et fin 2008 en Allemagne.

 

On peut déjà dire qu’un choc commun, symétrique, comme la crise financière mondiale n’affecte pas exactement de la même manière ni dans la même ampleur des économies dans des situations plus ou moins différentes et qui vont apporter des réponses non identiques.

 


Pour la France, la hausse du nombre de chômeurs et du taux de chômage intervient bien mi 2008, le nombre de chômeur augmentant plus vite que le taux de chômage.

 

« L’emploi est un autre problème essentiel. D’après les dernières données d’enquêtes, l’emploi pourrait continuer de se contracter dans les trimestres à venir, quoiqu’à un rythme moins rapide. A 9,4% en juin, le taux de chômage risque d’augmenter nettement dans les mois prochains. Pour le moment, le chômage a nettement progressé en Espagne. L’économie espagnole souffre particulièrement de l’éclatement de la bulle immobilière et de l’effondrement du secteur de la construction, qui représente un pourcentage important de l’activité totale. Les autres grandes économies de la région ont été moins exposées au retournement de la conjoncture dans ce secteur. Cependant, l’Allemagne, la France et l’Italie devraient voir leurs marchés du travail se détériorer rapidement dans les mois à venir. Le marché du travail en Allemagne, en particulier, a très bien résisté au cours des derniers trimestres. Selon les mesures harmonisées d’Eurostat, le taux de chômage dans ce pays a été stable, à 7,7% en juin, soit 1,7 point de pourcentage en dessous de la moyenne de la zone euro. Cette performance est due, au moins en partie, aux mesures prises par les autorités allemandes sur le marché du travail qui ont plutôt favorisé la diminution du nombre d’heures travaillées par personne et non pas la baisse de l’emploi dans l’absolu (De nombreuses entreprises industrielles et de services ont eu massivement recours au « Kurzarbeit », un programme d’aides publiques subventionnant les travailleurs qui acceptent de réduire leur nombre d’heures travaillées ou de prendre des congés de longue durée.) Toutefois, ces mesures ne peuvent pas être reconduites à l’infini et, si comme nous le présageons, l’activité devrait demeurer faible au cours des trimestres à venir, le taux de chômage en Allemagne s’inscrira probablement en nette hausse. »

BNP Paribas Ecoweek, 28 aout 2009.

 

 

 

« La hausse du chômage en France s’est amplifiée au deuxième trimestre 2009. Le taux de chômage au sens du BIT a en effet augmenté de 0,6 point à 9,5 % de la population active en France (y compris les DOM). Pour la France métropolitaine, le taux de chômage s’établit à 9,1 % (contre 8,5 % au T1), soit le niveau de son dernier pic datant de début 2006. La hausse du chômage a davantage touché les jeunes (+1,6 point à 23,9 %). Celle des autres catégories de la population active (25-49 ans et 50 ans et plus) est un peu plus modérée. La situation du marché du travail devrait continuer à se détériorer au cours des prochains trimestres (taux de chômage prévu à 9,5 % fin 2009). La reprise de l’activité est en effet soutenue par des éléments techniques et ne sera pas suffisante pour stimuler l’emploi. » Crédit Agricole, Perspectives Hebdo, 31 aout 2009.

 

Pour l’Allemagne, la hausse du nombre de chômeurs et du taux de chômage intervient bien mi 2008, le nombre de chômeur augmentant plus vite que le taux de chômage.
 

« Le marché du travail allemand a fait preuve de résistance cet été. Le nombre de chômeurs a encore baissé en août (-1 000 personnes, après -5 000 en juillet). Le taux de chômage est resté stable à 8,3 %. L’agence pour l’emploi allemand signale toutefois que cette résistance apparente du marché du travail tient surtout à des éléments statistiques exceptionnels, liés à la réforme du mode de comptage du nombre de demandeurs d’emploi en juillet. Hors modifications statistiques, le nombre de chômeurs aurait augmenté de 25 000 personnes en août. Par ailleurs, selon l’agence, le marché du travail allemand a été affecté par la récession économique cet été, mais son impact a été amoindri par le recours massif aux dispositifs de chômage partiel. Le taux de chômage allemand devrait finir par remonter (9 % fin 2009), la faiblesse de l’activité devant contraindre les entreprises à réduire leurs coûts. » Crédit Agricole, Perspectives Hebdo, 31 aout 2009.

 

Les principales explications viendront progressivement dans différents billets.

A suivre donc ...
 

Sources :

BNP Paribas Ecoweek, 28 aout 2009.

Crédit Agricole, Perspectives Hebdo, 31 aout 2009.

 

A consulter :

 

INSEE : Les chiffres du chômage seront publiés tous les trimestres

 

Le plein emploi 2/2

 

Le plein emploi 1/2

 

Travail, Emploi et Chômage 1/4 : Qu’est-ce que le travail ?

 

Travail, Emploi et Chômage 2/4 : Qu’est-ce que l’emploi ?

 

Travail, Emploi et Chômage 3/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (2/2)

 

Travail, Emploi et Chômage 4/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (1/2)

 

Symbolique et fétichisme des chiffres

 

Urgences sociales et indépendance statistique

 

Tintamarre autour des chiffres du chômage

 

Appariements sur le marché du travail

 

Conférence de Pierre CAHUC

 

Flux d’emploi et de main-d’œuvre en France : un réexamen. Des flux d’emploi revus à la baisse et assez peu liés aux flux de main-d'œuvre,

 C. Picart, Insee, Paris, Document de travail, n° G2007/05, juin, 50 p., (2007).

Matthieu Lemoine

Lettre de L’Ofce, N°286 - 11/06/2007

Chômage: débattre de la mesure  

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 17:51

"Une entreprise nouvelle sur deux est lancée par une personne qui était au chômage."

 

« L'explication apportée par le secrétaire d'Etat chargé des PME, Hervé Novelli, dans un entretien à La Tribune, à la progression record des créations d'entreprises en janvier, alors que la France a enregistré dans le même temps 90 200 demandeurs d'emploi supplémentaires.

Selon l'Insee, 33 624 entreprises ont été créées en le mois dernier, contre 24 954 en décembre, soit une hausse de 34,7 %.

L'institut de la statistique explique cette progression par la prise en compte du nouveau statut de l'auto-entrepreneur. Depuis le 1er janvier, ce statut permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour augmenter leurs revenus, avec des démarches simplifiées. »

Source : « Le Monde »

 

« 90 200 chômeurs de plus en janvier en France

Le Pôle emploi, l'organisme désormais chargé des chômeurs, a connu en janvier un raz-de-marée sans précédent. Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie 1 a progressé de 90 200, soit une hausse de 4,3% par rapport à décembre et de 15,4 % sur un an, portant le total à 2 204 500 personnes. "Les plans sociaux font la 'une' des journaux, mais le gros des inscriptions vient des fins de CDD et d'intérim", a observé le président de l'Unedic, Geoffroy Roux de Bézieux (Medef).

En 2008, le chômage avait déjà augmenté de plus de 215 000 personnes, soit la plus forte hausse depuis 1993.

Et cette année, Pôle emploi s'attend à une nouvelle hausse, de 282 000 personnes....»

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 08:12

 

En complément des nombreux billets, rappelés ci-dessous, que j’ai proposé sur l’emploi, le chômage et le plein empli, je vous invite à visiter le site de mon collègue Jean-Paul Simonnet et en particulier de lire cet excellent et très pédagogique article sur les chiffres du chômage :
 
par Jean-Paul Simonnet
 
Et en plus, il y a la photo de Jean-Paul. Trop cool !
 
A Lire :
 
 
 
 
Travail, Emploi et Chômage 1/4 : Qu’est-ce que le travail ?
 
Travail, Emploi et Chômage 2/4 : Qu’est-ce que l’emploi ?
 
Travail, Emploi et Chômage 3/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (2/2)
 
Travail, Emploi et Chômage 4/4 : Qu’est-ce que le chômage ? (1/2)
 
A consulter :
 
 
 
 
 
 
 
Lettre de L’Ofce, N°286 - 11/06/2007
 
 
clair & net@ofce
Une e-contribution des chercheurs de l'OFCE aux débats économiques et sociaux
 « Chômage : en attendant l’Insee », 13 février 2007
Matthieu Lemoine                                                                                        
Avec le report à l’automne prochain des résultats de l’enquête emploi, la seule source pertinente pour mesurer le chômage, une polémique a enflé sur la réalité de sa baisse...                                                                   Lire la suite>>
 
Jacques Freyssinet, « Note Lasaire »,
« Controverses sur les chiffres du chômage »février 2007
 
Eric Maurin
« Chômage : sueurs et contorsions au Conseil de la Statistique »
 
A consulter aussi :
 
CERC Le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale
 
Le Cercle des économistes
 
CEREQ Centre d'études et de recherches sur les qualifications
 
CES Conseil économique et social
 
DARES Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques
 
INSEE Institut National de la Statistique et des Études Économiques
 
IDE Institut de l'entreprise
 
IRES Institut de Recherches Economiques et Sociales
 
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A Lire

Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012