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  • David Mourey
  • Professeur d'Economie et de Sociologie

Depuis 2005, Organisation et Animation :
Conférences Pédagogiques
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Colloques d'Economie, Monnaie, Finance ...
au SENAT, Banque de France, ..., Pontault-Combault
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Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

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Des Initiatives de David MOUREY

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Depuis 2005 !!!

Les « Rencontres économiques » pour tous, lycéens, étudiants, citoyens !

A Pontault-Combault (77340) aussi !!!

Des Initiatives de David MOUREY

6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 19:22

 

Les niveaux sans précédent atteints par la dette publique sont devenus le défi de politique économique  le plus urgent et le plus difficile que doivent relever les économies avancées.

 

 Dans ce contexte, la Banque de France consacre le n° 16 de sa Revue de la stabilité financière, au thème « Dette publique, politique monétaire et stabilité financière »

 

La revue propose 4 thèmes d’étude

  

   - Le contexte macroéconomique, budgétaire et opérationnel

   - Les aspects financiers et réglementaires

   - L’angle de la politique monétaire

   - Les dimensions régionale et internationale

  

RSF « Dette publique, politique monétaire et stabilité f

Un document à lire sans attendre !

  

Quelques articles pour commencer

  

L’activité de banque centrale dans un contexte de dette publique élevée
CHRISTIAN NOYER, Banque de France

 

 Quelle politique pour la dette souveraine ?
JEAN-PIERRE LANDAU, Université de Princeton

 

Solvabilité des emprunteurs souverains et stabilité financière : une perspective internationale
JAIME CARUANA ET STEFAN AVDJIEV, Banque des règlements internationaux

 

La crise de l’euro : quelques éléments de réflexion sur la réforme institutionnelle
JEAN TIROLE, École d’économie de Toulouse (Toulouse School of Economics)

 

Les banques, l’aléa moral et la dette publique
RÉGIS BRETON, CAROLINE PINTO ET PIERRE-FRANÇOIS WEBER, Banque de France

 

Une relation risquée : l’interdépendance entre dette bancaire et dette souveraine et la stabilité financière dans la zone euro
SILVIA MERLER ET JEAN PISANI-FERRY, Bruegel et Université Paris-Dauphine

 

L'intégralité ici

 

RSF n° 16 - Dette publique, politique monétaire et stabilité financière

Résumés

 

ÉTUDES PUBLIÉES

 

Published by David Mourey - dans Finances publiques
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 15:25

 

La Direction des Etudes économiques de Crédit Agricole SA

dirigée par l’excellent Jean-Paul BETBEZE,

vient de publier une analyse de la situation budgétaire espagnole :

« La stratégie budgétaire espagnole : un exercice d'équilibriste »

  

Cette étude permet d’une part, de mieux comprendre le problème spécifiquement espagnol, et d’autre part, de mieux envisager les différentes voies en matière de rétablissement des équilibres budgétaires à court et long terme.

ZE Pays de la périphérie Déficit public et ajustement 20

 

« La stratégie budgétaire espagnole : un exercice d'équilibriste »

 

« Le gouvernement espagnol a présenté les détails des mesures de son budget 2012 avec l'objectif de se conformer aux cibles budgétaires établies avec la Commission européenne, mais sans trop endommager la croissance. Les marchés se sont montrés réservé sur ce nouveau programme de réduction budgétaire. »

« Les autorités espagnoles ont présenté un budget dont  l'objectif premier est de se conformer aux cibles budgétaires établies avec la Commission européenne, mais sans trop endommager la croissance. Nous anticipons une réduction du déficit budgétaire important, mais moins que l'attendue par le gouvernement  vu le contexte récessif actuel. L'activité devrait baisser de 0,6% t/t au premier trimestre 2012.»

 

« La gestion de l'endettement du secteur privé reste le défi majeur de l'Espagne

Le problème d'endettement de l'Espagne est avant tout de nature privé. Alors que la dette publique est estimée à 68% du PIB en 2011, la dette des entreprises non financières est estimée à 134% du PIB et celle des  ménages à 82% . La bulle de crédit qui a gonflé sur un tandem immobilier ménages a soutenu une croissance artificiellement élevée entre 2000 et 2007, avec un secteur de la construction hypertrophié, gros pourvoyeur d'emplois non qualifiés. »

Aujourd'hui le processus de désendettement du secteur privé est en marche mais est loin d'être achevé.

Lire l’intégralité de l’étude ici

Télécharger la publication - (PDF - 501.14 Ko)

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 08:37

 

Sur le Blog de l’OFCE, le 21 mars 2012,

Xavier TIMBEAU Directeur du Département analyse et prévision,

vient de publier ce texte utile pour avoir une réflexion plus large

sur la question épineuse de la réduction des dépenses publiques.

A lire absolument !

 

 « Les dépenses publiques en France : en fait-on trop ? »

« Depuis 2005 la France dispute au Danemark la première place en matière

de « dépenses publiques », telles qu’elles sont rapportées par l’OCDE.

Comme le ratio dépense publique sur PIB a atteint 56,6% en 2010, il serait nécessaire,

selon une opinion largement répandue, de « dégonfler » un Etat qui prendrait

« trop » de place dans l’économie.

Cette première place ne serait pas un titre de gloire mais le signe

que nous avons atteint un niveau insoutenable de « dépenses publiques ».

Puisque, par ailleurs, il est indispensable de réduire le déficit public,

 le chemin est clair : la réduction de la dépense publique

serait la seule voie de maîtrise des finances publiques.

Mais cette analyse simpliste est erronée.

Elle repose sur une mauvaise utilisation des statistiques des

 dépenses publiques diffusées par l’OCDE et elle découle

d’une mauvaise compréhension de ce que le terme « dépenses publiques » signifie.

 Il faut reconnaître que ce vocable prête à confusion (on ne prête qu’aux riches !). »

 

 

Depenses publiques par categories OCDE 2010

Lire la suite ici 

  Les dépenses publiques en France : en fait-on trop ?

 

OFCE 2012

Published by David Mourey - dans Finances publiques
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 05:49

 

LA BCE vient de mener mercredi dernier (29 février 2012) une nouvelle grande opération d’injection de liquidité via un second LTRO (Long term refinancing operation).

Mercredi la Banque Centrale Européenne (BCE) a propose aux banques des prêts à 3 ans à 1 % l’an. Déjà, le 22 décembre 2011, 523 banques avaient pu emprunter 489 milliards d’euros à la BCE.

Mais comme la crise de liquidité bancaire n’est visiblement pas résolue, la BCE a choisi de renouveler une grosse opération LTRO  le 29 février 2012.

De nombreux observateurs sont contents car pour eux, la BCE ne joue plus seulement son rôle de preteur en dernier ressort (PDR) mais participerait de fait à une monétisation de la dette publique des pays membres de la Zone euro en facilitant largement l’endettement des Etats.

Nous reviendrons sur le sens de ce terme ultérieurement car la monétisation, ce n’est pas exactement cela.

En revanche, pour d’autres, il faut raison garder et rester prudent quant aux effets de ce type d’interventions répétées, surtout dans une telle ampleur.

 Pour Philippe HERLIN (Finances, CNAM)par exemple :

« Nous sommes dans une fuite en avant, mais au ralenti, on ne s’en rend pas bien compte. Ces prêts géants se rajoutent à d’autres opérations que mène la BCE (rachat de dette souveraine sur le marché secondaire, prêts en dollars aux banques en difficulté qu’elle emprunte elle-même à la réserve fédérale américaine). La montagne de dette continue de grandir, les risques d’augmenter, la période actuelle n’est qu’une rémission. »

http://www.atlantico.fr/decryptage/ouverture-vannes-liquidite-bce-est-elle-fuite-en-avant-mario-draghi-dette-faillites-banques-philippe-herlin-298113.html

 

Déjà, le 30 janvier 2012 sur son Blog, dans un post intitulé « Le coiffeur de la Banque Centrale », Jacques ATTALI insistait : « On s’apprête en effet à prendre une décision capitale, encore une fois dans l’urgence, pour sauver les meubles, et sans tenir compte de ses conséquences à long terme. »

http://blogs.lexpress.fr/attali/2012/01/30/le-coiffeur-de-la-banque-centrale/

 

Il y a quelques jours, vendredi 2 mars 2012, Patrick ARTUS a publié une note expliquant « Pourquoi un financement monétaire continuel des déficits publics n'est pas acceptable » http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=62820

 

Au fond, on observe rapidement qu’on peut ne pas être un intégriste de la rigueur budgétaire, et donc montrer régulièrement que celle-ci peut être contreproductive si elle est poussée à l’excès, et ne pas croire pour autant au Père Noel « BCE ».

On peut même montrer que le pompier pourrait devenir pyromane !

 

Pour être plus précis, selon Patrick ARTUS, « On entend parfois suggérer (en particulier par certains hommes politiques français) que la BCE devrait financer continuellement les déficits publics à des taux d'intérêt très faibles, essentiellement afin de rendre des marges de manoeuvre aux politiques budgétaires.

Mais, évidemment, cette politique n'est pas acceptable à long terme, pour des raisons sérieuses et non dogmatiques :

- la création monétaire considérable qui serait associée à cette politique aboutirait à des bulles continuelles sur les prix des actifs (ce qui est aujourd'hui un risque beaucoup plus grave que l'inflation) ;

- le biais créé entre les taux d'intérêt à long terme et la productivité marginale du capital conduirait au financement d'investissements inefficaces ;

- il apparaîtrait un aléa de moralité majeur : les Etats ne seraient incités ni à contrôler les déficits publics, ni à sélectionner les dépenses publiques.

 

On peut faire intervenir les Banques Centrales pour financer les Etats transitoirement en cas de crise de liquidité mais on ne peut pas résoudre une crise de solvabilité de cette manière.

C’est seulement par un contrôle durable de ses finances qu’un Etat peut redevenir solvable.

 

Certes, on voit bien ci-dessous que les Banques centrales détiennent de plus en plus de titres de Dette publique.

« La dette publique détenue par la Banque Centrale représente aujourd'hui 12% du total de la dette publique aux Etats-Unis, 18% du total au Royaume-Uni, 8% dans la zone euro. »

Encours Dette Pub detenue par BCE 2002 2012

L’objectif étant d’éviter une trop forte baisse des cours de ces titres et corollaire, une trop forte hausse des taux d’intérêt associés à ces titres d’emprunt, car cela alourdirait ipso facto l’endettement public. 

Les achats de titres de dette publique jouent surtout ce rôle aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Tx LT Emprunt Etats EU RU All 2002 2012

« L'argument de ceux qui proposent cette idée de monétisation systématique des déficits publics est qu'il y aurait alors forte baisse des intérêts sur la dette publique qui rendrait des marges de manoeuvre aux politiques budgétaires.

Mais cette proposition n'est pas acceptable pour des raisons sérieuses et non dogmatiques. »

EU ette Pub et Encours Dette Pub detenue par FED 2002 2012

Avec la crise financière et économique mondiale depuis 2007-2008, on voit bien une corrélation positive entre hausse du taux d’endettement public en % du PIB et hausse de l’encours de dette publique détenue par la banque centrale en % du PIB aussi.

On peut donc en déduire que les banques centrales participent directement ou facilitent indirectement le financement de l’endettement public selon les pays.

ZE DP et Encours DP détenue par BCE 2002 2012

RU DP et Encours DP détenue par BOE 2002 2012

Le problème est que ces politiques monétaires consistant à participer directement à l’achat de titres de dette publique ou à faciliter indirectement le financement de l’endettement public par les banques, se traduit par une plus ou moins forte hausse de la Base Monétaire, c'est-à-dire de la quantité de Monnaie centrale en circulation.

Or, plus les Banques disposent de monnaie centrale (de liquidités) plus elles peuvent créer de la monnaie pour l’économie (les agents non financiers ANF comme les ménages et les entreprises).

Les banques peuvent donc accumuler une grande capacité de création monétaire via des crédits aux ANF, laquelle pourrait être source d’inflation si la quantité de monnaie crée augmente plus vite que la quantité de biens et services produites.

En effet, la quantité de monnaie crée vient alimenter la capacité de dépenses des agents non financiers.

Base Monetaire EU RU ZE 2002 2012

Mais ce n’est pas forcément ce qu’on observe, en particulier dans la période d’incertitude présente qui rend les Banques plus sensibles au risque qu’en situation normale.

Ainsi, on voit bien la corrélation entre hausse de la Base monétaire et hausse des réserves des Banques sur leur compte à la Banque Centrale.

Cela signifie que les Banques ne profitent pas de cette abondante liquidité pour prêter aux ANF, et qu’il n’y a donc pas de forte hausse de la Masse Monétaire ou capacité de dépense des agents non financiers.

Reserves Banques aupres BC EU RU ZE 2002 2012Il en découle fort logiquement que « L'excès de liquidité alors détenu dans l'économie :

risque peu aujourd'hui de faire réapparaître l'inflation, avec le niveau élevé du chômage, la capacité à importer les biens produits dans les pays émergents où il y a une forte population active disponible;

mais peut faire apparaître continuellement des bulles sur les prix des actifs : les agents économiques détenant ex ante trop de liquidités essaient de rééquilibrer la structure de leurs portefeuilles en achetant d'autres actifs, ce qui, à l'équilibre, fait monter les prix de ces actifs (cas de l'immobilier de 2002 à 2007, des matières premières et des actions des émergents, en 2007 et au début de 2008, puis à la fin de 2010 et au premier semestre 2011. »

Masse Monetaire M2 EU RU ZE 2002 2012

De plus ce type de pratiques des Banques Centrales peut favoriser le financement d'investissements inefficaces 

« Les achats massifs de titres publics par les Banques Centrales conduisent à des taux d'intérêt à long terme initialement beaucoup plus bas que la productivité marginale du capital »

On peut comparer les taux d'intérêt à long terme à la croissance aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne).

« Dans la période récente, les taux d'intérêt à long terme sont clairement inférieurs aux taux de croissance. Le risque est alors la réalisation d'investissements ayant une rentabilité économique anormalement basse (nulle ou négative comme les taux d'intérêt réels à long terme dans la période récente). »

Interets sur Dette Publique EU RU ZE 2002 2012

Enfin, cela peut provoquer une situation d’Aléa de moralité :

En effet, « Si les gouvernements savent que les Banques Centrales achètent durablement toutes les dettes publiques qui sont émises, ils ne sont incités ni à réduire les déficits publics, ni à sélectionner les dépenses publiques pour ne réaliser que les plus utiles.

Le cas du Japon, quoique différent, est ici intéressant : le gouvernement japonais sachant que les banques (et à un moindre degré les investisseurs institutionnels) financent le déficit public à un taux d'intérêt très bas, grâce au maintien de taux d'intérêt très bas par la Banque Centrale qui assurent aux banques un profit sur ces opérations, n'a jamais été incité à réduire le déficit public. »

 

Il serait donc bon de tirer des enseignements des expériences du passé …

 

A consulter 

Zone euro : Balance commerciale, Compétitivité et Cout salarial unitaire

Niveau du Salaire Minimum mensuel des Pays de la Zone euro (2012, en euros)

Colloque « Quelle Coopération Internationale face aux Déséquilibres Globaux ? » Galerie Dorée, 24 janvier 2012

« Crise des Dettes souveraines, Austérité et Croissance » Conférence d’Olivier PASTRE devant 400 lycéens

« L’homme qui valait au mieux 35 milliards » par Henri Sterdyniak

L’homme qui valait au mieux 35 milliards

Evolution du taux de change Euro-Dollar entre 1999 et 27 janvier 2012

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

Il faut lire le Rapport COTIS - CHAMPSAUR sur la Dette Publique

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?

Colloque « La Dette Publique et les Générations Futures » au Cercle Républicain, le 18 octobre 2011

Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro ? … Avis sur les propositions de Jacques ATTALI

Austérité, Rigueur, Ajustements budgétaires : 7 ans de douleur !!!... ???

Crise de la Zone Euro : L’épidémie s’étend, Austérité cumulée, Croissance molle, Chômage croissant …

Zone euro : Rigueur Budgétaire et Soutenabilité de la Dette Publique

La Règle d'Or « à l’allemande » est-elle une bonne idée ?

France : Crise des Dettes Souveraines, Méfiance et Hausse des spreads !

Paradoxe : Etats-Unis et Royaume Uni sont préférés à la Zone Euro

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

Moody's - credit ratings, research, tools and analysis for the global ...

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:45

OFCE 2012Sur le blog de l’OFCE, Henri STERDYNIAK vient de publier un excellent article à faire lire à Tous les Anti Sarkozy primaires, prêts à dire n'importe quoi !

 

« Sarkozy a coûté 500 milliards à la France. Tel est le point central du livre : « Un quinquennat de 500 milliards d’euros » de Mélanie Delattre et Emmanuel Levy. »  

Non, nous démontre Henri STERDYNIAK :

« La responsabilité de Sarkozy est donc fortement réduite, au mieux de 35 milliards d’euros. »

« Peut-on reprocher à Nicolas Sarkozy les 30 milliards d’euros qu’a coûtés le plan de relance ? Peut-on lui reprocher de n’avoir pas fait une politique budgétaire restrictive pour « corriger la mauvaise gestion du passé » ?  Non, ce que l’on peut mettre en cause, ce sont des baisses d’impôts peu utiles pour la croissance (droits de succession, bouclier fiscal, heures supplémentaires) et des baisses de certaines dépenses publiques (diminution des effectifs dans les écoles et les hôpitaux, par exemple), dépenses sans doute nécessaires. »

Henri STERDYNIAK

Cet article est excellent dans la mesure où Henri STERDYNIAK, qu'on ne peut vraiment pas suspecter d'être pro Sarkozy, montre clairement que le niveau d’endettement public de l’Etat en France et la dynamique de la dette publique depuis 2007, ne peuvent être largement attribués aux choix politiques discutables du Président de la république.

Lisez donc, sans attendre, cet article court mais très instructif !

 

 En fait, au-delà de la démonstration limpide de l’auteur, on doit retenir que ce n'est pas en reprochant à celui qu’on n’aime pas ce dont il n'est pas responsable qu'on avance de solides arguments ! En démocratie, il vaut mieux trouver des arguments solides pour défendre une thèse et cesser de faire des critiques stupides ou de mentir volontairement dans le but de tromper le néophyte !

 

Je précise, au cas où certains comprendraient mal, que ce billet n'est pas un soutien à Sarkozy ! J'aurai dit exactement la même chose des antis Hollande Primaires, si la situation était inversée.

Ici, Henri STERDYNIAK nous propose une critique positive bien plus que normative. C'est cela qui me plait et c’est ainsi que devraient être posés et menés les débats avant les élections majeures de mai et juin 2012.

 

Il y a souvent assez d’arguments solides pour critiquer une politique économique et sociale pour qu’il ne soit point besoin de mentir, de tricher, de tromper l’opinion.

Le malheur, surtout pendant les campagnes électorales, est que les antis X ou anti Y croient tellement ce qu'ils désirent, qu'ils sont capables d'accabler X ou Y de tous les Maux de l'économie et de la société ! Cela n’est pas convaincant et cela amène le débat au dessous du ras des pâquerettes !

Pourquoi les dirigeants politiques, qui sont les élus de la démocratie, peuvent ils mettre autant en danger cette démocratie en bafouant les principes fondamentaux de la démocratie de la libre discussion raisonnée ?

 

A lire ici :

L’homme qui valait au mieux 35 milliards

http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=1289#more-1289

 

A lire aussi:

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

Il faut lire le Rapport COTIS - CHAMPSAUR sur la Dette Publique

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?

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Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro ? … Avis sur les propositions de Jacques ATTALI

Austérité, Rigueur, Ajustements budgétaires : 7 ans de douleur !!!... ???

Crise de la Zone Euro : L’épidémie s’étend, Austérité cumulée, Croissance molle, Chômage croissant …

Zone euro : Rigueur Budgétaire et Soutenabilité de la Dette Publique

La Règle d'Or « à l’allemande » est-elle une bonne idée ?

France : Crise des Dettes Souveraines, Méfiance et Hausse des spreads !

Paradoxe : Etats-Unis et Royaume Uni sont préférés à la Zone Euro

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 21:02

 

Voici la liste de dernières Notes Souveraines publiée vendredi 13 janvier 2012

par

Standard & Poor's, S&P.

 

Standard & Poor's a décidé de dégrader les notes souveraines de neuf des dix-sept économies de la zone euro. Même si elles ne touchent pas tous les pays uniformément, ces dégradations résultent de l'aggravation de la crise dans son ensemble et des lacunes dans la réponse apportée par les institutions européennes.

Seuls quatre pays conservent la meilleure note possible, AAA, ce qui remet en question la structure du FESF et/ou sa notation. Le rating de la France a été abaissé d’un cran, de AAA à AA+.

Cette note est assortie d'une perspective négative, comme celle de l'ensemble des pays membres à l'exception de l'Allemagne et de la Slovaquie.

Notes Souveraines Pays Zone euro selon Standard & Poor's 1

Source : EcoFlash, BNP PARIBAS ECONOMIC RESEARCH DEPARTMENT

Hélène BAUDCHON et Frédérique CERISIER

 

Standard & Poor's downgraded nine sovereigns out of the seventeen Eurozone partners.

Even though the downgrade was not uniform and widespread, it was prompted by the worsening of the crisis and by the shortcomings of the European political response.

Four countries only have seen their AAA rating reaffirmed. This should trigger an adjustment in the EFSF's structure and/or rating. France's rating has been downgraded by one notch, to AA+.

The outlook on France, as on all Eurozone members but Germany and Slovakia, is negative.

 

A consulter :

Austérité, Rigueur, Ajustements budgétaires : 7 ans de douleur !!!... ???

Crise de la Zone Euro : L’épidémie s’étend, Austérité cumulée, Croissance molle, Chômage croissant …

Zone euro : Rigueur Budgétaire et Soutenabilité de la Dette Publique

La Règle d'Or « à l’allemande » est-elle une bonne idée ?

France : Crise des Dettes Souveraines, Méfiance et Hausse des spreads !

Paradoxe : Etats-Unis et Royaume Uni sont préférés à la Zone Euro

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

Il faut lire le Rapport COTIS - CHAMPSAUR sur la Dette Publique

Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro ? … Avis sur les propositions de Jacques ATTALI

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

Moody's - credit ratings, research, tools and analysis for the global ...

Colloque « La Dette Publique et les Générations Futures » au Cercle Républicain, le 18 octobre 2011

Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Crise de la Zone Euro : « Le FESF proche de la transformation »

Zone Euro : « le politique a constamment un temps de retard »

Le Fond européen de stabilité financière, FESF, raconté aux enfants : FESF, MESF, …, MSE

« Le pari risqué de l’Europe » par Charles WYPLOSZ 13 Mai 2010

Quelle Soutenabilité pour les finances publiques de la Grèce ?

« La Grèce : une tragédie européenne », par Jean-Paul Fitoussi

« DE LA CRISE FINANCIÈRE À LA CRISE ÉCONOMIQUE »

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 16:05

 Lettre CEPII

Voilà ce que je lis dans une lettre du CEPII intitulée « Crise de l'eurozone : dettes, institutions et croissance » d’Agnès Bénassy-Quéré, Laurence Boone, Juin 2010.

 

Selon le FMI (6), les ajustements budgétaires réussis dans le passé ont en moyenne duré sept ans, se sont appuyés largement sur les coupes budgétaires (notamment de la masse salariale publique et des dépenses sociales), et ont été soutenus par des taux d'intérêt en baisse et/ou une monnaie qui se dépréciait.

L'épisode actuel est différent au sens où les pays de la zone euro ne peuvent pas dévaluer vis-à-vis de leurs principaux partenaires commerciaux qui sont aussi dans la zone euro, et où les taux d'intérêt sont déjà particulièrement faibles.

Ainsi, l'ajustement budgétaire risque-t-il de provoquer une contraction sévère.

Pour l'éviter, la zone euro doit réussir à abaisser rapidement les prix relatifs des pays nécessitant un fort ajustement et maintenir une politique favorable à la croissance dans le reste de la zone.

 

6. FMI (2010), "From Stimulus to Consolidation: Revenue and Expenditure Policies in Advanced and Emerging Economies", Fiscal Affairs Department, 10 avril.

 

7 ans de souffrance économique et sociale …

Est-ce acceptable ?

 A quoi servent les études économiques, les avertissements  de ce type, si c’est pour avoir une conception météorologique de l’économie ?

A quoi bon laisser faire ?

Pourquoi ne pas rendre les ajustements moins douloureux ?

Devons nous nous résigner à 7 ans de croissance molle et de chomage de masse ?

A quoi sert donc le politique dans une Démocratie, dans ces conditions ?

Tout cela me laisse bien perplexe !

 

 Lire le document ici 

Crise de l'eurozone : dettes, institutions et croissance

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 10:13

 

Dans une note du 16 décembre 2011, Patrick ARTUS, Directeur de la Recherche Economique chez NATIXIS s’interroge sur la « règle d ‘or » en matière de finances publiques.

« La règle d'or est-elle une bonne idée ? »

Une note courte, claire et synthétique, que nos décideurs devraient lire avant de tenir des propos sans nuance et de prendre des décisions hâtives !

L’objectif, la nécessité et l’urgence de la réduction des déficits publics et de la dette publique (en valeur absolue et en valeur relative, % du PIB) conduit nos dirigeants à vouloir aller encore une fois plus vite que la musique en étant toujours des victimes de leur vision de court terme !

A vouloir faire bien mais trop vite, après tant de décennies d’erreurs, on risque de vouloir inverser la tendance trop brutalement et obtenir in fine un résultat contraire aux attentes.

Deficit Public All Fce Esp Ita 1995 2013

En effet, le problème n’est pas de savoir si nous avons besoin d’une règle d’or ou pas !

Compte tenu de l’incapacité de nos différents gouvernements à avoir une gestion budgétaire disciplinée depuis le milieu des années 70, on ne peut qu’accepter qu’ils s’imposent une « règle d’or ». Quand le choix responsable devient impossible, en Démocratie, autant s’en tenir à une règle claire !

 

 Ceci dit, ... Quelle Règle d'Or ?

 

Une règle intelligente, à court terme et à long terme, serait bienvenue et acceptée car crédible.

Le vrai débat se situe donc bien là : une « règle d’or », oui, mais laquelle ?

Encore une fois, nos gouvernants sont prêts à faire presque n’importe quoi pour agir vite.

Mais nous savons bien que la décision et l’action dans l’urgence ne sont pas forcément adaptées, ni efficaces.  Dans le cas présent, les dirigeants français, a l’instar de leurs homologues européens, pensent que l’austérité cumulée et non coopérative va rassurer les créanciers-investisseurs et les agences de notation. On voit bien que ce n’est pas le cas. Cela ne marche pas et je l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises depuis au moins début septembre 2011.

 

Désormais, la décision non coopérative à la mode est

la « règle d’or » budgétaire !

 

Et voilà, nos candidats (président de la république compris) et leurs lieutenants engager un dialogue de sourds sur la « règle d’or ».

Le pire est que ce pseudo dialogue se poursuit au niveau européen, à tel point que de nombreux Etats sont prêts à accepter une « règle d’or » à l’allemande.

On croit rêver ?  … Non ! On croit faire des cauchemars ! Là se trouve le vrai problème !

On ne peut mettre en place une règle d’or qui s’appliquera à des pays dans des situations aussi hétérogènes tout simplement par ce que cela convient à l’un d’entre eux, fut-il l’Allemagne.

Et c’est bien ce que souhaite rappeler Patrick ARTUS à tous ceux qui ont une vision simpliste et binaire sur ce sujet.

 

Une règle d'or à l’allemande pour tous est-elle une bonne idée ?

 

Les chefs d'Etat de la zone euro ont décidé d'inscrire la "règle d'or" dans leur constitution ; il s'agit de la règle d'or "à l'allemande" : quasi-nullité du déficit public structurel, ce qui conduit à une baisse tendancielle du taux d'endettement public.

Deficit Structurel All Fce Esp Ita 1995 2013

Ce qui va dans le bons sens

 

 - le fait de réduire le taux d'endettement public dans la perspective du vieillissement démographique

Pop de plus de 60 ans All Fce Ita Esp 1995 2013

- le rétablissement induit de la crédibilité budgétaire, donc la baisse des taux d'intérêt

 

Tx d'i à 10 ans All Fce Ita Esp 1995 2013

- le fait d'être nécessairement en excédent budgétaire dans les périodes d'expansion, ce qui donne des marges de manœuvre importantes dans les récessions

 

Deficit Cyclique All Fce Esp Ita 1995 2013

Ce qui va dans le mauvais sens

 

Il ne faudrait pas passer à nouveau à une "règle magique" basée sur l'analyse d'un seul chiffre, le déficit public structurel à 0,5%. La manière de passer à la règle d'or peut avoir des effets négatifs durables sur l'économie. Le détail de la politique budgétaire, est très important.

     - Y aura-t-il réduction d'investissements ou de dépenses publiques utiles ?

Si la diminution du déficit public se faisait par celle de dépenses publiques nécessaires à la croissance de long terme (investissements, R&D, éducation) ; la règle d'or ne permet pas de financer les investissements publics par l'endettement

     - Y aura-t-il hausse des impôts défavorables à la croissance de long terme (charges sociales en particulier) ?

 

Finalement, il ne faudrait pas que la règle d'or soit une nouvelle règle "magique" qui dispense de faire une analyse sérieuse des politiques budgétaires à un niveau fin de détail et de leurs effets sur l’économie.

Voilà, l’essentiel est rappelé en quelques mots. A lire sans attendre !

 

A consulter :

 

France : Crise des Dettes Souveraines, Méfiance et Hausse des spreads !

Paradoxe : Etats-Unis et Royaume Uni sont préférés à la Zone Euro

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

Il faut lire le Rapport COTIS - CHAMPSAUR sur la Dette Publique

Que faire pour sauver la Zone euro et l’Euro ? … Avis sur les propositions de Jacques ATTALI  

Dette publique, déficit budgétaire et politique budgétaire

Dette publique, comportements de consommation et d'épargne

Comment mesurer la dette publique ?  

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

 

Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

Moody's - credit ratings, research, tools and analysis for the global ...

 

Colloque « La Dette Publique et les Générations Futures » au Cercle Républicain, le 18 octobre 2011

Rencontre avec Jacques ATTALI sur « La Dette Publique et les Générations Futures »

 

De « L’euro est là et crapoto basta » … à la Crise de l'Euro est là !!!

Crise de la Zone Euro : « Le FESF proche de la transformation »

Zone Euro : « le politique a constamment un temps de retard » 

Le Fond européen de stabilité financière, FESF, raconté aux enfants : FESF, MESF, …, MSE

« Le pari risqué de l’Europe » par Charles WYPLOSZ 13 Mai 2010

Quelle Soutenabilité pour les finances publiques de la Grèce ?

« La Grèce : une tragédie européenne », par Jean-Paul Fitoussi

« DE LA CRISE FINANCIÈRE À LA CRISE ÉCONOMIQUE »

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 17:18

 

Pourquoi la Dette publique des Etats-Unis et du Royaume Uni est-elle préférée

à celle des pays de la zone euro ?

 

C’est la question, paradoxale, à laquelle tente de répondre Patrick ARTUS dans une note publiée le 29 novembre 2011. Dans « Qui achète des Treasuries et des Gilts ? », le directeur de la recherche économique chez Natixis propose quelques pistes pour des réponses.

 Comme lui, on peut être choqué en observant que les Etats-Unis et le Royaume-Uni financent leurs déficits budgétaires respectifs à des taux d’intérêt plus bas que ceux qui sont appliqués dans la zone euro.

Tx 10 ans Emprunts d'Etat EU RU ZE 2002 2011 

En effet, « : le taux d’intérêt payé sur les dettes publiques de l’ensemble de la zone euro a considérablement monté par rapport à celui sur la dette américaine ou britannique.

 Pourtant :

-la situation des finances publiques est pire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni que dans la zone euro

Deficit public EU RU ZE 2002 2011

 Dette Publique EU RU ZE 2002 2011

-la zone euro a un très faible déficit extérieur courant alors qu’il est plus important aux Etats-Unis et au Royaume-Uni

BTC EU RU ZE 2002 2011

-les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont beaucoup plus désindustrialisés que la zone euro, ce qui implique qu’ils vont conserver leur déficit extérieur, et que leur dette extérieure va continuer à augmenter ;

-la tendance du dollar et de la livre sterling par rapport à l’euro est la dépréciation.

 

 Malgré cette comparaison peu flatteuse, les Etats-Unis et le Royaume-Uni financent leurs déficits publics sans difficulté :

 

Qui sont les acheteurs de Treasuries et de Gilts,

pourquoi sont-ils acheteurs, vont-ils le rester ?

 

-les acheteurs principaux de Treasuries sont les Banques Centrales étrangères ; le risque majeur pour les Etats-Unis serait donc que les pays émergents laissent se déprécier le dollar ;

-les acheteurs principaux de Gilts sont les non-résidents autres que les Banques Centrales et les banques britanniques ; le risque majeur pour le Royaume-Uni serait donc que les banques du pays arrêtent d’investir en titres publics, mais elles y sont poussées par la réglementation.

 

Des comparaisons très favorables à la Zone euro

 

En résumé, la situation des finances publiques est bien plus dégradée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. De même, la situation extérieure de la zone euro est bien meilleure que celle des Etats-Unis ou à un moindre degré du Royaume-Uni.

Comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont beaucoup plus désindustrialisés que la zone euro, leur capacité à déduire leurs déficits extérieurs et leur dette extérieure est plus faible.

 

La probabilité d’une dépréciation du dollar et de la livre sterling est plus forte.

 

Pourtant, aux Etats-Unis, les achats de Treasuries (titres de dette souveraine) sont réalisés sans vrai souci par les Banques Centrales étrangères (d’éviter l’appréciation de leur taux de change vis-à-vis du dollar), la Réserve Fédérale (pendant le QE2), les investisseurs institutionnels et les ménages américains (seulement de 2008 à 2010).

Au Royaume-Uni, les acheteurs de Gilts sont la Banque d’Angleterre en 2009-2010, les non-résidents autres que les Banques Centrales et massivement, les banques britanniques.

Pour les agents non résidents, il y a l’objectif de diversification devises de leur portefeuille.

Pour les investisseurs domestiques, les ménages, l’aversion pour le risque et les risques de détention des autres actifs comme les actions expliquent ces choix.

Pour les Banques Centrales domestiques, c’est la volonté d’accroître l’offre de monnaie via la monétisation de la dette publique (qui permet d’aider le Trésor public à se financer) qui joue.

 

Comment expliquer alors le financement des déficits publics aux Etats-Unis

et dans la zone euro ?

On sait que la Zone Euro est fortement pénalisée par la multiplicité d’émetteurs souverains par rapport aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

 

Les explications proposées par Patrick ARTUS

 

-la volonté de stabiliser le taux de change vis-à-vis du dollar des Banques centrales des pays émergents

-le rôle de valeur refuge du dollar et de la Livre en période d’incertitude et d’aversion au risque, de défiance. Les risques pesant sur l’euro et la Zone euro sont ici très défavorables !

-les objectifs de politique monétaire domestique qui vise plus explicitement la croissance et l’emploi et non pas seulement la stabilité des prix.

-la réglementation des banques qui au Royaume-Uni leur impose une plus forte proportion de détention à leur actif de titres de dette souveraine, supposée sans risque.…

 

On retient que les divers dysfonctionnements de la Zone euro permettent d’expliquer pour une bonne part les difficultés de financement des différents Etats.

 

Il ne faut donc pas s’étonner de voir la crise s’approfondir et s’inscrire dans la durée !

 

Published by David Mourey - dans Finances publiques
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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 20:10

 

Aprés un second plan (en quelques mois)  de réduction des déficits budgétaires qui n’est pas du tout crédible aux yeux de ceux qui sont sensés être rassurés, les investisseurs, il ne faut pas s’étonner de voir les spreads souverains augmenter pour l’Etat français.

 Le spread désigne l'écart de rendement (ce que rapporte le prêt au créancier) que l’on peut observer entre deux titres de dette identiques (ou presque).

Le spread va refléter le différentiel de risque pris par les détenteurs des titres concernés

Par exemple, dans la Zone euro, l’obligation souveraine de l’Etat allemand (le Bund) est supposée être le titre d’emprunt sans risque, l’actif de référence à l’aune duquel on va pouvoir juger les titres similaires émis par les autres Etats.

De fait, le spread sera  logiquement d'autant plus faible que la solvabilité de l'émetteur est perçue comme bonne, par rapport à la référence. Et, il sera d’autant plus élevé que la solvabilité de l'émetteur est perçue comme étant mauvaise, par rapport à l’émetteur de référence.

Ceci étant précisé, quand le spread augmente entre la France et l’Allemagne, cela veut tout simplement dire que la solvabilité de l’Etat français se dégrade relativement à celle de l’Etat allemand, en tout cas aux yeux des investisseurs en titres souverains.

C’est ce que nous observerons parfaitement sur les graphiques suivants quand on compare les taux à 10 ans sur les emprunts d’Etat au cours de l’année 2011.

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 2011

On voit très bien l’écart se creuser graduellement au détriment de la France.

Ce qui est assez inquiétant !

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 08 2011 a 11 2011

On voit aussi que ce creusement s’est largement accéléré depuis le mois de juillet 2011.

Cela en dit long sur la très faible crédibilité des plans d’assainissement

des finances publiques mis en œuvre, en France.

 

France All Tx d'i Etat 10 ans 2002 2011

 

On observe enfin, sur ce dernier graphique, que le problème qui se pose à la France (à l’Etat français) est vraiment nouveau. Ce n’était pas le cas jusqu’en 2011.

La crise de l’endettement public atteint la France en 2011 et nul ne peut plus l’ignorer.

La consolidation de nos finances publiques n’est plus seulement un impératif, c’est également une urgence.

Pourtant, les investisseurs comprennent très rationnellement que ces plans seront inefficaces dans la durée car on ne peut réduire durablement les déficits budgétaires et la dette publique en tuant dans l’œuf la croissance effective et potentielle, qui pointent péniblement le bout du nez.

 

La perte du AAA est pour très bientôt !

 La perte du « AAA »,  Triple A, va arriver inéluctablement car elle est anticipée par les marchés et intégrée dans leurs anticipations.

La conséquence sera un creusement supplémentaire du spread et un cout d’emprunt plus élevé pour l’Etat français et … les autres agents de l’économie !

 Finalement, il deviendra encore plus difficile, douloureux, de réduire les déficits budgétaires et la dette publique en France. Une mauvaise stratégie à court terme a des effets durablement négatifs. 

 Risque de crédit : risque de défaut et risque de signature

 Pour être un peu plus précis, toute dette publique implique l’existence d’un risque de crédit pour le créancier, pour le détenteur du titre de dette souveraine.

Le risque de crédit englobe le risque de défaut et le risque de signature.

Pour un  investisseur qui va détenir le titre jusqu’à son terme, il y a risque de défaut quand il existe une probabilité non nulle que le capital emprunté et/ou les intérêts ne soient que partiellement ou pas du tout remboursés.

 De plus, pour un  investisseur qui ne va pas détenir le titre jusqu’à son terme, qui va le revendre, il y a le risque de signature.

Il s’agit du risque de diminution de la valeur de marché du titre lié principalement à l’accroissement de la probabilité d’une défaillance ultérieure du débiteur.

Si les détenteurs du titre sont collectivement incités à vendre le titre qu’ils ont en portefeuille, son cours baisse brutalement et le taux d’intérêt exigé monte !

 Autrement dit, une dégradation de la signature de l’émetteur et donc une hausse du risque de signature, se traduit par une hausse du spread pour le débiteur (emprunteur) considéré.

 En effet, en cas de risque de signature accru, les investisseurs vont exiger une majoration (prime de risque) du taux d’intérêt de marché sur les titres concernés, par rapport au titre de référence.

Le spread augmente donc !

 

 Spread de signature  et notation (rating)

 Enfin, il existe une interdépendance entre le spread associé au titre et le rating (la notation) de ce titre par les agences de notation (rating) Standard & Poor's, Fitch Ratings,  Moody's.

 Le spread sera d’autant plus grand (pour une durée identique) que le rating de l’émetteur (emprunter) sera bas. Réciproquement, la hausse du spread, qui reflète les anticipations des investisseurs, s’accompagnera d’une dégradation de la notation du titre et de son émetteur.

 On comprend donc pourquoi, la hausse des spreads sur les titres d’Etat français annonce la dégradation de la note souveraine de la France, la perte du « AAA », le fameux triple A.

 

 Le compte à rebours a déjà commencé …

 

 A consulter

 

 Standard & Poor's

Fitch Ratings - Dedicated to providing value beyond the rating

Moody's - credit ratings, research, tools and analysis for the global ...

« Plan Fillon : triple A ou triple 0 » par Charles Wyplosz

France : Le plan de rigueur qui va faire perdre le Triple A « AAA »

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Banque de France La Crise de la Dette Souveraine Juin 2012 BIS BRI 82e Rapport annuel 2011 2012